histoire naturelle, LIV. XVII. 37
sendroit où l’arc-en-ciel aura posé ses extrémités, soit que ce lieusoit cultivé ou non; & lorsqu’après une longue sécheresse il est sur-venu une pluie qui a bien humecté la terre (19s C’est alors quecelle-ci rend une certaine exhalaison qu elle a reçue du soleil, &qui est íi divine & íi agréable, qu’il n’y a point de parfum qu onpuisse lui comparer. Voilà l’odeur que doit avoir une terre labou-rée; & quand elle se rencontrera, on pourra assurer, sans craindrede se tromper, que la terre est fort bonne : telle est ordinairementrôdeur des terres où il y avoir (20) une vieille forêt, & qui ontété nouvellement défrichées : or tout le monde convient que cesterres-là font excellentes.
Une terre qui a reposé est meilleure (zi) pour porter des bledsque celle qui a toujours travaillé : mais comme on ne laisse pointreposer les vignes , il faut pour cette raison choisir avec soin lesbons terroirs, & ne point, au surplus, s’arrêter à l’opinion de ceuxqui ont cru que le terroir d’Italie étoit épuisé. II est vrai que lafrculté de labourer certaines terres dépend, en partie, du ciel.II y en a, par exemple, qu’on ne sauroit labourer quand il a plu,parcequelles font grasses avec excès, & au point d’être gluantes.C’est tout le contraire en Afrique, au territoire de Byzacium (zz),lequel est si fertile, qu’il rend cent cinquante (z3J pour un : iln’y a point de bœufs qui puissent labourer ce terroir quand il estíec ; mais après qu’il a plu, un méchant âne, qui tire un foc decharrue fous la conduite d’une pauvre vieille, le laboure facilement :ce que je puis assurer, pour savoir vu. Au reste, c’est folie (24) de
brem sexum < itate anili jam conseciam ,progenerandis esse factibus inhabilem j6 ’c.
(11) Dont nous avons parlé dansles premiers chapitres du liv. 3 , oùPline ne porte le produit de ce terroirqu’au centuple. Mais ce pourroit bienêtre une erreur des copistes; car, auliv. 18 , Pline dira de nouveau : E mo-dio t in Bypacio Africa campo j cen-
teni quinquageni modii redduntur.
(23) Voyez la note précédente.
(24) Bien des cultivateurs se croi-ront fondés à appeller d’une telle dé-cision. Ils auront pour eux Theo-phraste , de Caufis , liv. 3 , chap. 253& l’aveu même de Pline , qui sentbíe ,dans les chapitres suivants, contredirede tout point ce qu’il cherche ici l éta-blir.