HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVII. ZII
en fait plusieurs menus provins que l’on met en différentes raies,après les avoir fortifiés par des échalas qu’on lie avec eux, fan$couper les branches latérales dont ils font garnis. A Novarre, onne fe contente pas de faire aller les vignes fur les arbres, & d’unarbre à l’autre ; on les fait encore aller fur des efpeces de four-ches que l'on plante exprès à cet effet. Auífi les vins de Novarre,indépendamment des vices du terroir, deviennent fort rudes parcette mauvaise firçon de cultiver. Dans un lieu qui est près deRome, on commet une autre faute àlegard de certaines vignes,nommées Varracines (3 6), que l’on ne taille que de deux en deuxans : non que ce plant le demande ainsi, mais parceque ce vin est à sivil prix, qu’il 11e vaut pas les frais que coûteroit fa culture annuelle.Dans le vignoble de Carféole, on garde un juste milieu; car onn’y coupe de la vigne que ce qui est pourri, ou ce qui commenceà sécher, & on laisse porter du raisin à tout le reste. La vigne,ainsi déchargée de son bois inutile , & n étant d’ailleurs que fortpeu taillée, fe nourrit mieux par ce moyen. Toutefois si le ter-roir n’est pas gras, les vignes, ainsi cultivées, dégénèrent enîambmches.
Les vignes qui vont fur les arbres veulent erre labourées trèsprofondément, quoique le bled que l’on y met ne demande pascette profondeur. On n’a pas la coutume de les épamprer; ce quiest autant de travail d’épargné. Quand on les taille, on a foindoter en même te ms aux arbres toutes les branches inutiles quiconfumeroienten pure perte la nourriture. Nous avons dé j a dit (37)que lorfqu’on taille les arbres, les coupures ne doivent regarderni le septentrion ni le midi ; & il feroit encore mieux quellesne regardassent pas même le couchant : car les arbres fe ressententlong-tems de ces fortes de plaies ; & elles guérissent difficilement,à cause du trop grand froid, ou du trop grand chaud. Au reste,la vigne qui ne monte pas fur les arbres, a bien moins d’aifanceque celle qui y monte ; car il est bien plus facile de mettre à cou-vert les côtés foibles de celle-ci, & de tourner de tel côté que l’onveut les coupures qu on lui a faites. Lorfqu’on taille les arbres de
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