histoire naturelle, L I V. XIX. IOï
Auteur Grec,dit qu’on garantira son haleine de l’odeur de Tail, si,après en avoir mangé, on mange immédiatement ensuite une racinede poirée cuite sur les charbons. II y en a qui croient qu’il est avauta*geux de planter l’ail nommé ulpicum entre les feres Compitales (6 9)Sc les Saturnales, c’est-à-dire entre le commencement de Mai, SCle milieu de Décembre.
L’ail vient aussi de graine (70) ; mais alors il est extrêmementtardif : car la premiere année (71 ) fa tête n’est pas plus grossequ’un porreau j la seconde année il commence seulement à avoirdes gousses, Sc n’est parfait que la troisième année. Quelques-unsestiment que l’ail, venu de la forte, est plus beau que les autres.Cependant la meilleure pratique est de ne pas laisser grainer l’ail,mais delui tordre la tige, asin que la tête devienne plus grosse,Sc par conséquent soit meilleure pour planter. Si l’on veut avoirde l’ail & de l’oignon qui se gardent long-tems, il faut les détrem-per dans de l’eau salée tiede ; par ce moyen, ils se maintiendrontplus long-tems fans se gâter, Sc seront meilleurs pour Tissage : maisils ne vaudront rien pour planter. II y a des gens qui se contentent deles suspendre lur des charbons ardents, persuadés que c’estun très-bon moyen pour les empêcher de germer ; ce qui leur arrive aisé-ment , quoiqu’ils soient hors de terre ; de façon qu après avoir pousséune petite tige , ils diminuent, Sc se réduisent presque à rien.D’autres tiennent pour certain qu’ils se conservent fort bien sutla paille. II y a aussi un ail sauvage (72.) qui croît de lui-mêmedans les campagnes, Sc que les Latins appellent alum. On s’ensert contre les oh eaux incommodes qui viennent manger le§semailles : à cet ester, après savoir fait cuire asin de l’empêcherde germer, on le jette sur les terres ensemencées ; Sc aussi-tôt queles oiseaux en ont goûté, ils demeurent tellement étourdis qu’sssse laissent prendre avec la main : & si même ils ne font que leremuer, ils s’endorment. II y a une autre forte d’ail sauvage (73),appellée ail d’ours , Sc qui a la tête fort petite, de grandes feuilles,Sc l’odeur plus douce que celle de Tail ordinaire.