HISTOIRE NATURELLE, L I Y. XX. 2.6z
pliqué extérieurement, il est souverain contre les morsures desserpents.
Chrysippe blâme extrêmement le basilic (a), disant qu’il est con-traire â l’estomac (3), qu’il supprime surine, 6c qu’il obscurcit lavue (4) : qu’en outre il trouble l’esprit, qu’il cause des léthargies,& offense le foie : qu en conséquence les chevres s’en abstiennent,6c que leur exemple doit être une leçon pour les hommes. D’autresajoutent que si on met fous une pierre du basilic pilé, il s’y en-gendrera un scorpion ( 5 ) : 6c que si, ayant mâché de cette herbe,on la met au soleil, elle produira des vers. Les Africains croientque si quelqu’un est piqué d'un scorpion, le jour où il auramangé du basilic, il ne sauroit réchapper (6). II y en a même quiprétendent que si on pile une poignée de basilic avec dix écrevistesde mer, ou de riviere, tous les scorpions du voisinage accourronten cet endroit. Diodote (7), dans ses recettes, dit que le basilicfait venir des poux à ceux qui en mangent.
Les Modernes soutiennent, au contraire, futilité du basilic. Ilsdisent que les chevres en mangent, 6c que jamais il n’a troublél’esprit de personne : quêtant pris dans du vin avec un peu de vi-naigre , il est très bon contre les piquures des scorpions terrestres6c des scorpions marins (7*). L’expérience a fait voir, quêtantflairé avec du vinaigre, il est salutaire à ceux qui tombent en dé-faillance, comme austi aux léthargiques, Sc qu’il rafraîchit ceuxqui font échauffés : qu’on l’applique avec de l’huile rosat ou del’huile de myrte, ou avec du vinaigre, pour les douleurs (8) detête 3 6c avec du vin pour les fluxions des yeux (9) : qu’il est bonà l’estomac (10)3 quêtant pris avec du vinaigre, il dissipe les
(8) Apulée, chap. 117 , tic. 1 : Ca-pitis dolori medendo : Herbam ocimumtritam cum oleo rosaceo , aut myrtino ,vel aceto , fronti imponas : mirabilitercapitis dolorem fanat.
(9) Avec le meilleur vin , ex vino
optimo tritum , écrit Apulée , ibld.rit. z. Consultez Dioscoride, liv. z,chap. 1713 & Plinius Valerianus, li-vre x, chap. 14.
(io) Plinius Valerianus, livre 4,chap. 13.