HISTOIRE NATURELLE, LIV. XX. 37s
blables. On l’applique crue fur les brûlures : mais il faut la chan-ger souvent, pour éviter quelle ne fe feche.
La férule a la graine comme l’aneth. Celle qui n’a qu une tige,& fe fourche au sommet, passe pour être la femelle. Les tigeside la férule fe mangent bouilles (39) -.elles font très bonnes, étantaccommodées avec du moût & du miel, ô£ elles fortifient l’esto-mac. Toutefois, fi on en mangeoit trop (40), elles donneroientdes douleurs de tête. La racine fe prend, à la dose d’une dragmedans deux onces & demie de vin, contre les morsures des ser-pents (41 ). On rapplique auílì extérieurement. Prise comme nousvenons de dire , elle guérit les tranchées iliaques (41*). Mangéeavec de l’huile & du vinaigre, elle réprime les sueurs excef-fives ( 42, ), quand même on feroit dans la fievre. Le suc deférule, pris à la grosseur d’une feve, lâche le ventre (43). Celuiqu’on tire de la moelle fraîche (44), est utile pour la matrice, &pour tous les cas dont nous venons de parler. Dix grains de lagraine de férule , étant pilés & pris dans du vin, ou dans unecertaine quantité de la moelle , fervent à arrêter les hémorrha-gies (44*). Quelques-uns croient que pour Tépilépsie,- il faut faireprendre une cuillerée de cette graine quand la lune a quatrejours, ou six, ou sept (45). Au reste, la férule est de fa natureíi contraire aux murènes , que si l’on en touche feulement cespoissons, ils meurent. Castor prétend que le suc dé la racine, esttrès bon pour éclaircir la vue.
Nous avons parlé de la culture des chardons (46), en traitantdu cardon & des autres herbes des jardins ; c’est pourquoi nousnous contenterons de parler ici de leurs propriétés médicinales.
yultuiszvL lieude vu/m; ce qui a donnéoccasion au Pere Hardouin de propo-ser la leçon : E viridi medulla vulvisutilis , & ad omnia ea vitia. Nous avonscru devoir adopter cerre correction.
(44*) Dioícoride , ibid. & Galien,de Fac. 'Simp. Med. 3 ordonnent la
graine prise en breuvage , pour le cra-chement de sang.
(45) Des manuscrits , les uns por-tentligulœ , les autres HnguLz. Le PereHardouin prononce que ces deux le-çons font équivalentes...
(46) Au liv. 19, chap.S.