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HISTOIRE NATURELLE, L I Y. XXI. Z 87
íì quelqu’un a mérité une couronne par lui-même, ou seulement parses deniers, c’est-à-dire par ses esclaves ou ses chevaux, on ne manquerapas de la lui donner; & qu après fa mort, il aura par honneur cettecouronne fur la tête, pendant tout le tems qu’il sera exposé dans famaison, & lorsqu il sera transporté pour les funérailles ; &que sespere
mere jouiront des mêmes honneurs (y). Au reste, ce n'étoitpas la coutume à Rome, comme ce l’étoit en Grece (6), q Ue touCle monde pût porter des couronnes ; non pas même les Acteursdes pieces de théâtre.
On étoit même fort sévere sur ce point de discipline. Durantla seconde guerre punique, un banquier nommé Lucius Fulvius,pour avoir seulement regardé de sa gallerie sur la place publique,ayant une couronne de roses fur la tête, fut conduit en prisonpar ordre du Sénat, &c n’en. sortit quà la fin de la guerre. PubliusMunatius ( 6 *) y ayant ôté une couronne de fleurs de dessus la têtedu Dieu Marsyas (7), & s’en étant couronné, les Triumvirs (8)commanderent qu’il fût mené en prison ; il appella de cette or-
rimbécille superstition de rendre leciel complice de leurs débauches, semettoient sous la protection de ceDieu, & lui posoient sur la tête descouronnes ; ce qui ne pouvoir que dé-plaire à Auguste, qui pouvoitsoupçon-ner ces couronnes consacrées à Mar-syas d avoir été posées par quelquepartisan de 1 ancienne liberté. 11 paroîtque du temps de Pline cet u sage de cou-ronner Marsyas étoit entièrement abolià Rome, comme la liberté même;tellement que notre Auteur semblen avoir pas bien compris à quelle finles anciens Romains couronnoiçntMarsyas , & à quelle fin la jeunessed’Athenes en faiíoit autant. On sentq.ue Marsyas , comme symbole de laliberté, devoir avoir une statue & descouronnes dans ces deux villes. Ra-
sage d’entretenir ces couronnes à titred’emblêmes de la liberté , s’abolitfans doute à Rome fous Jules César y& depuis cette époque , lorsque Mar-sias se mouvoir couronné, on affectoitde penser que ces couronnes avoientété posées de nuit par quelques gensde débauche , ceux - ci étant depuis,long - tems dans l’usage de prendreMarsyas pour leur patron,
(S) Ces Triumvirs connoissoientdiivol. Sans doute ils afFecterenrde ran-ger dans cerre classe de délit l’impru-dence de Munatius , puisqu’ils le con-damnèrent à la prison. Comme Mu-natius étoit citoyen, il en appella auxTribuns du peuple; d’autant que lesTriumvirs ne jugeoient en dernierressort que les esclaves.
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