HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII I. Z I
que l’on choisit pour faire du vin cuit. Mais outre ces différences-naturelles, ils en ont encore une infinité d’autres, qui consistentdans les diverses maniérés deles apprêter, & de varier leur formeôc leur usage. Mais ce détail nous meneroit trop loin , & il suffitde ce que je viens de dire en général : arrêtons-nous seulement àf examen de leurs vertus. Toute espece de moût, ou vin nouveau,est salutaire aux veines ; mais nuisible à festomac. C’est un breu-vage funeste en certaines occasions , & il tueroit quiconque s’avi-feroir d r en boire un grand coup d’un seul trait, & sans reprendrehaleine, en sortant du bain (83); mais c’est un remede souveraincontre les mauvais effets des cantharides (84), & pour combattrele venin des serpents, particulièrement celui de l’hémorrhoïs &de la salamandre. II cause des douleurs de tête&: peut faire dumal à la gorge ; mais il fait beaucoup de bien au foie &: aux reins&: est auffi très salutaire à la vessie, parcequ’étant porté dans lacavité de ce viscere, il en adoucit les parois par ses parties muci»lagineuses : il a bailleurs une vertu particulière contre cette especede cantharide qui se nomme en Grec buprefiis . Bu avec de shuile,& rejetté ensuite , il a encore celle d’empêcher ou d’arrêter les-mauvais effets de Xopium (85), du lait caillé dans l’estomac (86),de la ciguë, des venins toxiques (87), & du dorycnion (88).Mais à tous ces égards, le moût blanc a moins-de force &d’effi-cacité que l’autre. Le plus agréable de tous est celui qui se faitde raisins cuits au soleil, & il est d’ailleurs moins sujet à causer desmaux de tête.
Nous avons déja parlé de plusieurs différentes especes de vins (89),& exposé leurs vertus particulières, du moins par rapport au plusgrand nombre. C’est une matière très abondante, mais en mêmerems très difficile à traiter (90). En effet, on ne sauroit dire si
les-lances. Nous en avons traité au li- (90) Tous les manuscrits portentvre ii , chap. 31. tardum diclu. Le Pere Hardouin soup.-*
(89) Auliv. 14, chap. 6 , 7 ôc 8. çonne qu’il faut lire arduum >■