HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. Z p
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parmi ceux qui font usage du vin, il en est plus pour qui il produitdes avantages réels, qu’il n’y en a pour qui il est une source demaladies, & une caule de destruction ; outre que cette liqueur estauíli-tôt, suivant les circonstances, ou un remede salutaire, ou unvéritable poison. Car nous ne la considérons ici que relativementà la médecine. Asolépiades a composé un livre qui porte sonnom, où il enseigne la maniéré d’administrer le vin : & plusieursAuteurs qui sont venus après lui, ont fait fur ce traité une infi-nité de commentaires. Quant à moi , je traiterai cette matièreavec la dignité qui convient à un Romain, & y mettrai tous leséclaircissements nécessaires , non comme Médecin, mais commejuge attentif Sc fidele de tout ce qui est avantageux ou nuisible ala lanté du corps ( 91 ); en quoi je ne fais que suivre mon pen-chant naturel, ma plus forte passion ayant toujours été l’étude dessciences utiles à la société. Qu’on ne s’attende pas néanmoins àun détail complet fur la nature Sc les qualités de chaque especede vin en particulier ; ce qui seroit un travail immense 6c d’unedifficulté infinie, d’autant que les Médecins qui ont écrit fur cettematière ne s’accordent nullement entre eux dans leurs opinions.
Du tems des Anciens, c’étoit le vin de Surrente qui avoit lapréférence fur tous les autres-, mais dans les íìecles suivants, onse décida généralement en faveur du vin d’Albe, &C de celui deFalerne. Ensuite plusieurs autres especes de vin furent mises envogue, a force d’être vantées par des gens qui s’efforcerent defaire valoir celui qui leur plaisoit davantage , quoiqu’il n’y ait riende si injuste ni de fi déraisonnable que de vouloir accréditer leschoses suivant son goût particulier, en le proposant comme unedécision infaillible qui doit entraîner tous les autres. Mais quandtous les suffrages se réuniraient en faveur de certains vins , l’u-sage ne s’e.n étendrait qu’à quelques bouches privilégiées, je veuxdire a un trcs petit nombre de riches, auxquels seuls il seroit pof-íible de s’en procurer. D’ailleurs, dans le íiecle où nous sommes,les plus grands Seigneurs eux-mêmes ne peuvent pas se flatter d’enTome V111. E