HISTOIRE NATURELLE, L I V. X X I V.
main droite passée par l’ouverture gauche de la tunique , comme ûl’on vouloir faire un larcin. II faut être vêtu de blanc, avoir les piedsnuds , bien lavés, & avoir fait, avant de la cueillir, des libationsde pain &: de vin. On l’emporte dans une serviette neuve. LesDruydes Gaulois prétendoient qu’il falloir toujours avoir de cetteplante contre les accidents qui pouvoient arriver, & qu’en la brû-lant , son parfum étoit bon pour les maladies des yeux.
Les mêmes Druydes ont donné le nom de samolus (79) à uneplante qui croît dans les marais. On la cueilloir à jeun de lamain gauche, pour les maladies des bœufs & des porcs. Celuiqui la cueilloir ne devoir pas la regarder, ni la mettre ailleursque dans sauge où s’abreuvent ces animaux; ôc on l'y broyoit,pour qu’ils puisent l'avaler en boisson.
Nous avons parlé des diverses efpeces de gommes (80). Lameilleure produira les meilleurs effets. Elles ne font nullementpropres aux maladies des dents. Par la vertu qu’elles ont de coa-guler le sang , elles font bonnes pour ceux qui ont coutume dele rejerrer (81), ainsi que pour les brûlures &c pour les maux degorge (81). Elles font évacuer par les urines les humidités super-flues du corps. Elles amortissent les humeurs acres , & font unincrassant pour les autres (83). La gomme de l’amandier amerest chaude (84), la plus astringente de toutes : on préféré celledes pruniers (85) , des cerisiers ôc de la vigne. Ces dernieres,employées en Uniment , font astringentes & deísicatives. Dif-íoutes dans du vinaigre, elles guérissent les dartres ou les feuxdes enfants. Elles font bonnes pour la toux invétérée , bues dansquelque potion composée (86), au poids de quatre oboles. Buesdans du vin cuit, elles passent pour embellir le teint, pour don-ner de l’appétit, & pour soulager les personnes attaquées de la
(85) Nous avons traité de ces gom- Nous traduisons en conséquence. Le
mes au liv. 13 , chap. 11. Pere Hardouin soupçonne qu’il faut
(86) Les manuscrits portent mixto, lire mujlo.
H h ij