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Tome douzieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXXVII. 2.09

recommandé, c’estleFalerne, ainsi appellé, parcequ’ilala couleur duvin de Falerne, c’est-à-dire qu’il est diaphane,& d’un éclac très doux.Quelques-uns néanmoins aiment l’ambre qui a la couleur du mielcuit. Mais il faut savoir qu’on peut lui donner la couleur quel’on veut, en se servant de suif de chevreau & de racine d’or-canete ; car on le teint même en pourpre. Lorsqu on l’a échaufféen le frottant entre ses doigts, il attire la paille & les feuillesíeches, qui font des choses légeres ; & même, ainsi que la pierred’aitnant, il attire la limaille de fer. L’ambre, mêlé avec l’huile,rend une flamme plus claire &: de plus longue durée que ne faitla moelle du pin (z). Au reste, nos délicats font un si grand casde l’ambre, qu’une petite figure humaine , faite de cette matière,sachete à un plus haut prix que des hommes vivants 8c vigou-reux ; abus qu’on ne fauroit aífez reprendre &: condamner. Onestime les vases Corinthiens , parceque l' airain y est mêlé aveci’or 8c largeur. On admire les vases ciselés,à cause de i’art Lé dugénie qui y brillent. Nous avons déja parlé de ce qui fait le mé-rite des vases murrhins 8c de ceux de crystal. Les perles font re-cherchées , parcequ’on en fait des pendants d’oreille ; &: les pier-reries, parcequ’on les porte aux doigts. - Enfin, toutes les autresfuperfluités dans lesquelles on donne, reconnoiísent pour principela vanité ou la coutume : mais pour l’ambre, l’estime qu’on enfait n’est fondée que fur la fantaisie. L’Empereur Néron, entreles autres extravagances qui distinguerent son régné, donna lenom d’ambre aux cheveux de l’Impératrice Poppée, fa femme ^Lé les appella même ainsi dans une piece de vers. Et comme iln’est aucun vice que l’on ne décore d’un beau nom , il est arrivéque depuis ce tems-là les Dames Romaines ont commencé à re-chercher la couleur d’ambre, la mettant au troisième rang des ri-ches couleurs ( 3 ). A la vérité, l’ambre est de quelque utilité dansla Médecine : mais ce n’est pas par cette raison qu’il est estimé desfemmes. Toutefois si on en fait des colliers aux petits enfants, illeur sert de préservatif. Callistrate dit même qu’il sert aux person-nes de tout âge, pour les garantir de la folie ; & qu’étant prkTome XII, D d