HISTOIRE NATURELLE, L IV. XXXVII.
les mines dor da terricoire de Philippe (;) ; il est de la grosseurd’une graine de concombre. Ensuite vient le diamant de Chypre >qui a été trouvé dans cette ihs ; il tire fur la couleur de bleu cé-leste , & surpasse tous les autres par ses vertus médicinales, com-me nous dirons ci-après. Après celui-là, vient le diamant appelléfidérïce, parcequ’il est de couleur de fer poli (6) ; il a plus de pe-santeur que les autres : mais il est d’une autre nature ; car il sebrise sous le marteau, & on peut le percer avec un autre dia-mant : ce qui arrive aussi au diamant de Chypre ; de-là vient, qu’onregarde ces deux derniers, comme des diamants bâtards, & com-me n’ayant que le simple nom de diamants. Au reste > il n’y arien où la convenance & la répugnance des choses naturelles,que les Grecs appellent sympathie & antipathie , & dont nousavons tant parlé dans rout le cours de cette Histoire, se montreplus clairement que dans le diamant ; car cette force indompta-ble , contre laquelle les deux plus puissants agents de la Nature,le fer & le feu, ne peuvent rien, est obligée de céder au sang debouc , pourvu qu il soit frais & chaud , & qu on y fasse tremperle diamant ; encore alors faut-il donner à celui- ci beaucoup decoups pour le briser ; & il casse même les enclumes & les mar-teaux, s’ils ne font pas excellents. Or, je vous le demande, quiest-ce qui a pu imaginer pareille chose ? Par quel hasard a étédécouvert un secret si merveilleux ? Comment s’est-on avisé defaire une expérience aussi singulière , & en se servant pour cela duplus sale des animaux ? Assurément une si belle invention ne fau-roit être attribuée qu’à. la bonté des Dieux. Et on ne doit jamaisdemander comment la Nature opere telle ou telle chose : il suffitde savoir qu’elle le veut ainsi. Mais, pour revenir au diamant ,lorsque l’épreuve a un heureux succès, & qu’il se casse, il se met
maderes qu’on se propse de séparer (j) Philippe étoit une ville de Maten plusieurs morceaux. Cet usage cédoine.
étoit connu de Pline comme de nous. (6) Le fer, en Grec , se dit aíS'ttpç* -
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