474 Additions au Commentaire
dinaire que pat sa violence. Je sais que les Bramines Indiens, Scsur-cour les Faquirs-Jaguis , prétendent que les anciens Brach-manes leur ont conservé, dans un Beth du Hanscrìt ou du Ve-dam , la recette de la pierre qu’on nomme vulgairement pierrede serpenta chaperon> comme un excellent antidote contre lesblessures des fléchés envenimées Sc des reptiles. Les Faquirs con-viennent que cette prétendue pierre est une composition où ilsfont entrer la terre figillée , qu’ils achetent des Marchands Turcs;Sc c est pourquoi elle happe à la langue, & fait ébul'lition quandon la jette dans lesprit de nitre, & même dans de l’eau claire (r.6).Les Religieux Millionnaires dans les Etats du Grand Mogol ontlong-tems induit en erreur route TEurope , en y vendant fort cherce spécifique j qu ils avoient à bas prix des Bramines. La bonne
physique a détruit entièrement cet indigne commerce.
La meilleure pierre à serpent, soit quelle vienne de nos Reli-gieux ou des Faquirs de l’Inde, ne mérite pas qu on la conserve : j’aimême trouvé l’extrait d’une lettre de M. Rédi, dans laquelle ilassure avoir éprouvé les plus excellentes pierres fur une vingtained’animaux piqués par des scorpions de Tunis, des viperes d’Ita-lie, Sc des fiches enduites d'huile de tabac, qu’on fait être unpoison des plus actifs. II arriva quelque chose de particulier dansle cours de ces expériences : les animaux à qui on appliquoit unede ces pierres soi-disant alexipharmaques, meuroient plutôt queles autres qu’on avoit également fait mordre par des scorpionsfrais, fans leur attacher aucune pierre. D’où l’on peut hardimentinférer qu’en frottant de la boue, ou de la terre glaise mouil-lée, sur une blessure de vipere, on y fait plus de bien, ou moins
(z 6) On a débité long-rems quecette prétendue pierre se trouvoit dansle ventre du serpent à chaperon, ainsinommé à cause d’une peau longue &pliísée qui enveloppe sa tête j mais ceserpent n’a pas des pierres dans lecorps : celles qu’on voit dans les Ca-binets des Curieux, ont été, la plu-
part , fabriquées dans la Pharmacie duCouvent des Jésuites à Rome. Ce né»goce floriíloit du tems des PP. Kircher& Boius.
N. B. M. de Paw auroit dû appuyerune telle imputation de quelque preu-ve ,,ou témoignage positif.