494 Additions au Commentaire
IDÉE
D'UN VOILIER. ARTIFICIEL.
Quoniam ventus non aliud intelligatur , quàm fiuxus diris. Plin. 1 . z, c. 43.
L e calme est , peut-être, l’inconvénient le plus à craindre pour unvaisseau, dans un voyage de long cours , & lorsque le bâtiment estengagé en haute mer, à une trop grande distance des côtes. L§calme n’a de doux & de pacifique que le nom ; car tous les na-vigateurs conviennent que jamais un navire n’est plus battu ,agité & ébranlé dans toutes ses parties constituantes, que danscette fi evre d inertie , appellée d’un nom trompeur, calme ( tran-quillitas ), Sc d’un nom plus ironique encore , bonace. Jules-Cé-far lui avoir au moins donné le nom de malacia , tiré du Grec ,& qui exprime une langueur , une atonie de viscères 5 en unmot, un relâchement vicieux , accompagné de tiraillementsde déchirements apparents. Je pense qu’on peut remédier a l’i-nertie du vent, par le procédé qui fuit.
II s’agiroit d’avoir dans un vaisseau une chambre à feu, quine reçût l’air que par une seule ouverture, à l’entrée de laquelleseroit tendue une voile, dans laquelle l’air s’engoufreroit en par-tie, pour passer dans la cheminée de la chambre , enserre qu’ilse seroit une raréfaction d’air continuelle dans cette chambre àseu. En esset , la pression nécessaire de l’air extérieur fur la voileformeroit un flux d’air , en quoi consiste , selon Pline , toutela définition du vent : ainsi on obtiendroit par ce moyen un voi-lier artificiel. On a divers exemples de cette action de l’air ex-térieur ( fur l’obstacle insuffisant qu’il rencontre à l’entrée d’unechambre à feu), dans le murmure & les sifflements qu’on en-tend l’hiver à l’entrée des poêles, ou aux portes des apparte-