CHAPITRE IV.
Des propriétés ejsentìelles d.'un vaisseau , de la stabilité, de la manoeuvre , de
V arrimage.
Navis bona dicitur.stabilis & firma.
vento. Seneca , epijìola 76.
gubernaculo parens, velox & consentiens '
lu A vitesse d’un vaisseau , fa stabilité, fa disposition aux manœuvres, font les qualités qu’on doit chercherà lui procurer, mais qui ne font compatibles que jufqu’à un certain peint ; on donne plus ou moins àchacune íuivant les circonstances. II y a des vaisseaux destinés spécialement à aller vite ; il y en a quiont besoin de porter une grande charge ; er.fin d’autres, destinés à combattre en ligne, ont besoin fur-toutd’étre forts , de bien manœuvrer , d’étre sensibles au gouvernail & à faction des voiles.
Sur la Vitesse, Bouguer trouve qu’une frégate dont la longueur feroit sept fois la largeur,pourroitprendre la moitié de la vitesse du vent. Ce n'est pas en augmentant les voiles, mais en diminuant la lar-geur qu’on peut espérer d’augmenter la rapidité du sillage.
La Levrette dont parle le P. Fournier , avoir 110 pies de long fur 18 de large ; c’est environ six fois ; ;& fa marche étoit extraordinaire : mais en général un vaisseau est à peu près quatre fois plus long quelarge.
La coupe du navire contribue aussi à la vitesse : Bouguer trouvoit qu’il faudroit rendre les flancs desimples lignes droites , &. faire les coupes triangulaires , en supprimant le plat de la varangue, qui est ledessous du vaisseau 5 le sillage feroit plus rapide, & la corvette dériveroit moins (Traité du navire,jpageJÍ 7 )' . , , ‘
Si l'on veut plus de capacité & de stabilité , on peut employer un trapèze ou un rectangle pour la coupedu vaisseau (p. <552.).
On devroit employer les figures rectilignes au lieu des lignes courbes qui font en usage ; on y gagneroitde toute manière.
On ne peut calculer que par expérience la vitesse d’un vaisseau, parce que la théorie des résistances desfluides est jufqu’ici très-imparfaite. Newton, Mariotte , Bouguer fuppoíoient qu’elles étoient proportion-nelles aux surfaces choquées, aux carrés des vitesses & aux carrés des sinus ti’incidence ; mais toutes cessuppositions font défectueuses, comme on peut le voir dans Y Examen maritime de Juan : il trouve que larésistance est comme trois quantités , une qui est comme les simples vitesses , la seconde comme leurs car-rés , & la troisième comme leurs quatrièmes puissances ; mais fes formules auroient encore besoin d’êtreconstatées pour leur application.
Les résistances varient encore pour le même corps, s’il est plus enfoncé dans le fluide, & s’il est terminé àBarrière par une figure différente : ainsi c’est à l’expérience à déterminer la valeur des résistances. M. The-venard , avant d’ètre Ministre de la Marine , avoir fait en grand , à l’Orient, de belles & d’utiles expé-riences , que nous l’invitons à publier pour le bien de la Marine.
La Stabilité d’un vaisseau, ou la propriété de bien porter la voile,est la plus importante pour la sû-reté des Navigateurs. Elle exige qu’on mette le centre de gravite le plus bas qu’il est possible ; & c’est àiquoi l’on destine le Lest en plomb ou en pierres qu’on met à fond de ca!e,& qui va à 100 tonneaux deíspoids , ou 100 mille livres pour un vaisseau de 74 canons. I
II faut auss élever autant ou'on peut le Métacentre ou le point de concours de toutes les directions tde la poussée de seau contre Ls flancs du navire. I
On trouvera dans Y Examen maiitìme de Dom George Juan , une théorie du métacentre ( t. 2 , p.dans le vaisseau de óo qui sert d’exemple. Le métacentre étoit de 10 j piés au dessus du centre de vo-llurne ; c’cít 11 1 pour un vaisseau de 70 , 8 piés pour une frégate de 22 canons. L’inclinaifon du vaisseau!peut faire que le métacentre aille jufqu’à n f piés pour le vaisseau de óo. Le centre de gravité étaníl2 plus liant que le centre de volume : celui-ci est.de plus bas que la superficie de seau, & celle-cil
18 piés au dessus de la quille. I
Pour un vaisseau à trois ponts de ji piés de large, Dom George trouve 8 f pour la hauteur du nié-atacentre au dessus du centre de gravité, au lieu de 1 ou % piés que trouvoit Bouguer (p. 284) ; maisil prouve par expérience que la faute est du côté de celui-ci.
Le moment d’inertie ou I3 force de stabilité est le produit de la distance entre les deux points d«