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de la nier de Tartarie dans celle de la Nouvelle-Zemble , et dans lesautres endroits de la mer Glaciale. J’ai été assuré jrar des gensdignes de toi, qu’un capitaine anglais , nommé Monson, au lieude chercher un passage entre les terres du nord pour aller à laChine , avoit dirigé sa route droit ail pôle, et en avoit approchéjusqu’à deux degrés; que dans cette route il avoit trouvé une hautemer sans aucune glace : ce qui prouve que les glaces se formentauprès des terres, et jamais en pleine mer; car quand même onvondroit supposer, contre toute apparence, qu’il pourrait faireassez froid au pèle pour que la superficie de la mer fût glacée, onne concevrait pas mieux comment ces énormes glaces qui flottentpourraient se former, si elles ne trou voient pas un point d’appuicontre les terres, d’où ensuite elles se détachent par la chaleur dusoleil. TiCs deux vaisseaux que la compagnie des Indes envoyaen 1709 à la découverte des terres australes, trouvèrent des glacesà une latitude de 47 ou 4 S degrés; mais ces glaces n’étoient pasfort éloignées des terres, puisqu’ils les reconnurent, sans cepen-dant pouvoir y aborder ! . Ces glaces doivent venir des terresintérieures et voisines du pôle austral, et on peut conjecturerqu’elles suivent le cours de plusieurs grands fleuves dont ces terresinconnues sont arrosées, de même que le fleuve Oby, le Jénisca,et les autres grandes rivières qui tombent dans les mers du Nord ,en traînent les glaces qui bouchent, pendant la plus grande partiede l’année, le détroit de Waigats, et rendent inabordable la merdeTartarie par cette route, tandis qn’au-delà de la Nouvelle-Zemble et plus près des pôles, où il y a peu de fleuves et de terres, lesglaces sont moins communes et la mer est plus navigable; ensorte que si on vouloit encore tenter le voyage de la Chine et duJapon par les mers du Nord, il faudrait peut-être, pour s’éloignerle plus des terres et des glaces, diriger sa route droit au pôle, etchercher les plus hautes mers, où certainement il n’y a que peu oupoint de glaces; car on sait que l’eau salée peut, sans se geler,devenir beaucoup plus froide que l’eau douce glacée, et par con-séquent le froid excessif du pôle peut bien rendre l'eau de la merplus froide que la glace, sans que pour cela la surface de la merse gèle, d’autant plus qu’à 80 ou 82 degrés, la surface delà mer,quoique mêlée de beaucoup de neige et d'eau douce, n’est glacéequ’a 11 près des côtes. En recueillant les témoignages des voyageurssu r le passage de l'Europe à la Chine par la mer du Nord , il paraîtqu’il existe, et que s'il a été si souvent tenté inutilement, c’est