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Tome premier.
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DE LA TERRE . iq 7

« nature, ou quelques petits accidens particuliers, le hasard a dû« mettre au jour une infinité de ces sortes de curiosités, que les« philosophes mêmes, si é'étaient des philosophes, ne regardoieut« qu’avec une surprise ignorante ou une légère attention : et tout« cela périssoit sans aucun fruit pour le progrès des connoissauces .« l:n potier de terre, qui ne savoit ni latin ni grec, fut le prê-te mier, vers la lin du seizième siècle, qui osa dire dans Paris , et« à la face de tous les docteurs, que les coquilles fossiles étaient« de véritables coquilles déposées autrefois par la mer dans les« lieux où elles se trouvoient alors ; que des animaux, et surtout« des poissons, avoient donné aux pierres figurées tontes 1 -urs« différentes figures, etc.; et il défia hardiment toute l'école d'A-« risto te d’attaquer ses preuves : c’est Ber nard Palissy, Sain tongeois,« aussi grand physicien que la nature seule en puisse former un :« cependant son système a dormi près de cent ans, et le nom même« de l’auteur est presque mort. Enfin les idées de Palissy se sont<c réveillées dans l’esprit de plusieurs savans; elles ont fait la for-te tune qu’elles méritaient; on a profilé de toutes les co "" s,« de toutes les pierres figurées que la Terre a fournies : peut-être« seulement sont-elles devenues aujourd’hui trop communes; et« les conséquences qu’on en tire, sont en danger d’être bientôt« trop incontestables.

« Malgré cela, ce doit être encore une chose étonnante que le« sujet des observations présentes deM.de Réaunuir, une masse« de i3o, 680,000 toises cubiques, enfouie sous terre, qui n’esta qu’un amas de coquilles, ou de fragmens de coquilles, sans nul« mélange de matière étrangère, ni pierre, ni terre, ni sable:« jamais, jusqu’à présent, les coquilles fossiles n’out paru en« cette énorme quantité, et jamais, quoiqu’en une quantité beau-« coup moindre, elles n’ont paru sans mélange. C’est en Touraine a que se trouve ce prodigieux amas à plus de 56 lieues de la mer :« on l’y connoît, parce que les paysans de ce canton se servent« de ces coquilles qu’ils tirent de terre, comme de marne, pour« fertiliser leurs campagnes, qui sans cela seraient absolument« stériles. Nous laissons expliquer à M. de Réaumur comment ce« moyen assez particulier, et en apparence assez bizarre, leur« réussit; nous nous renfermons dans la singularité de ce grand tas« de coquilles.

« Ce qu’ou tire de terre, et qui ordinairement n’y est pas à plus« de 8 ou 9 pieds de profondeur, ce ne sont que de petits frag-« nien3 do coquilles très-reconnoissables pour en être des frajy<i mens; car ils ont les cannelures très-bien marquées : seulement