202
THÉORIE
qui sont disposés par couches. J'entends par la dénomination d'ar-doise non-seulement l’ardoise bleue que tout le inonde connoît,niais les ardoises blanches, grises, rougeâtres, et tous les schistes.Ces matières se trouvent ordinairement au-dessous de l’argilefeuilletée, et semblent n’êlre en effet que de l’argile, dont les dif-férentes petites couches ont pris corps en se desséchant, ce qui aproduit les délits qui s’y trouvent. Le charbon de terre, la houille,le jais, sont des matières qui appartiennent aussi à l’argile, et qu’ontrouve sous l’argile feuilletée ou sousl’ardoise. Parle mot de tuf j'en-tends non-seulement le tuf ordinaire qui paroîl troué, et, pour ainsidire, organisé, mais encore toutes les couches de pierre qui se sontfaites par le dépôt des eaux courantes, toutes les stalactites, toutesles incrustations, toutes les espèces de pierres fondantes : il n’estpas douteux que ces matières ne soient nouvelles, et quelles neprennent tous les jours de l’accroissement. Jje tuf n’est qu’unamas de matières lapidifiques, dans lesquelles on n’aperçoit aucunecouche distincte : cette matière est disposée ordinairement en petitscylindres creux, irrégulièrement groupés et formés par des eauxgouttières au pied des montagnes ou sur la pente des collines,qui contiennent des lits de marne ou de pierre tendre et calci-nable; la niasse totale de ces cylindres, qui font un des caractèresspécifiques de cette espèce de tuf, est toujours ou oblique ou ver-ticale, selon la direction deslilets d'eau qui les forment. Ces sortesde carrières parasites n’ont aucune suite : leur étendue est très-bornée en comparaison des carrières ordinaires, et elle est pro-portionnée à la hauteur des montagnes qui leur fournissent lamatière de leur accroissement. Le tuf recevant chaque jour denouveaux sucs lapidifiques, ces petites colonnes cylindriquesqui laissoient entre elles beaucoup d intervalle, se confondent àla fin, et avec le temps le tout devient compacte : mais cette ma-tière n’acquiert jamais la dureté de la pierre; c’est alors ce qu’A-gricola nomme marga tofacea fislulosa. On trouve ordinairementdans ce tuf quantité d'impressions de feuilles d’arbres et de plantesde l’espèce de celles que le terrain des environs produit; on ytrouve aussi assez souvent des coquilles terrestres très-bien con-servées, mais jamais île coquilles de mer. Le tuf est donc certai-nement une matière nouvelle, qui doit être mise dans la classedes stalactites, des pierres fondantes, des incrustations, etc. Toutesces matières nouvelles sont des espèces de pierres parasites qui seforment aux dépens des autres, mais qui n'arrivent jamais à lavraie pétrification.
Le cristal, touLes les pierres précieuses, toutes celles qui ont