même temps, puisque les matières ne gardent pas l’ordre de lapesanteur spécifique, et qu’il n’y a pas eu de dissolution généralede toutes les matières; donc cet arrangement a été produit par leseaux,ou plutôt par les sédimens qu’elles ont déposés dans la suc-cession des temps : toute autre révolution, tout autre mouvement,toute autre cause, auroit produit un arrangement très-différent.D’ailleurs, un accident particulier, une révolution ou un houle-versement, n’auroit pas produit un pareil effet dans le globe toutentier; et si l’arrangement des terres et des couches avoit pourcause des révolutions particulières et accidentelles, on trouveroitles pierres et les terres disposées différemment en différons pays,an lieu qu’on les trouve partout disposées de même par couchesparallèles, horizontales, ou également inclinées.
Voici ce que dit à ce sujet l’historien de l’académie '.
« Des vestiges très-anciens et en très-grand nombre d’inon-« dations qui ont dù être très-étendues, et la manière dont on est« obligé de concevoir que les montagnes se sont formées, prouvent« assez qu’il est arrivé autrefois à la surface de la Terre de grandes« révolutions. Autant qu’011 en a pu creuser, on n'a presque« vu que des ruines, des débris, de vastes décombres entassés« pêle-mêle, et qui, par une longue suite de siècles, se sont in-« corporés ensemble, et unis en une seule masse le plus qu’il a« été possible : s’il y a dans le globe de la Terre quelque espèce« d’organisation régulière, elle est plus profonde, et par consé-« quent nous sera toujours inconnue, et toutes nos recherches« se termineront à fouiller dans les ruines de la croûte extérieure ;
« elles donneront encore assez d’occupations aux philosophes.
« M. de Jussieu a trouvé aux environs de Saint-Chaumont,
« dans le Lyonnois, une grande quantité de pierres écailleuses« ou feuilletées, dont presque tous les feuillets portoient sur leur« superficie l’empreinte ou d’un bout de fige, on d’une feuille,« ou d'un fragment de feuille de quelque plante : les représenta-« tions de feuilles étaient toujours exactement étendues, comme« si on avoit collé les feuilles sur les pierres avec la main; ce qui« prouve qu’elles avoient été apportées par de l’eau qui les avoit« tenues en cet état; elles étaient en différentes situations, et« quelquefois deux ou trois se croisoient.
« On imagine bien qu’une feuille déposée par l’eau sur une vase« molle, et couverte ensuite d’une autre vase pareille, imprime« sur l’une l’image de l’une de ces deux surfaces, et sur l’autre
l Année 1718, pag. 3 et suiv.