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Tome premier.
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DE LA TERRE . 221

même temps, puisque les matières ne gardent pas lordre de lapesanteur spécifique, et quil ny a pas eu de dissolution généralede toutes les matières; donc cet arrangement a été produit par leseaux,ou plutôt par les sédimens quelles ont déposés dans la suc-cession des temps : toute autre révolution, tout autre mouvement,toute autre cause, auroit produit un arrangement très-différent.Dailleurs, un accident particulier, une révolution ou un houle-versement, nauroit pas produit un pareil effet dans le globe toutentier; et si larrangement des terres et des couches avoit pourcause des révolutions particulières et accidentelles, on trouveroitles pierres et les terres disposées différemment en différons pays,an lieu quon les trouve partout disposées de même par couchesparallèles, horizontales, ou également inclinées.

Voici ce que dit à ce sujet lhistorien de lacadémie '.

« Des vestiges très-anciens et en très-grand nombre dinon-« dations qui ont être très-étendues, et la manière dont on est« obligé de concevoir que les montagnes se sont formées, prouvent« assez quil est arrivé autrefois à la surface de la Terre de grandes« révolutions. Autant qu011 en a pu creuser, on n'a presque« vu que des ruines, des débris, de vastes décombres entassés« pêle-mêle, et qui, par une longue suite de siècles, se sont in-« corporés ensemble, et unis en une seule masse le plus quil a« été possible : sil y a dans le globe de la Terre quelque espèce« dorganisation régulière, elle est plus profonde, et par consé-« quent nous sera toujours inconnue, et toutes nos recherches« se termineront à fouiller dans les ruines de la croûte extérieure ;

« elles donneront encore assez doccupations aux philosophes.

« M. de Jussieu a trouvé aux environs de Saint-Chaumont,

« dans le Lyonnois, une grande quantité de pierres écailleuses« ou feuilletées, dont presque tous les feuillets portoient sur leur« superficie lempreinte ou dun bout de fige, on dune feuille,« ou d'un fragment de feuille de quelque plante : les représenta-« tions de feuilles étaient toujours exactement étendues, comme« si on avoit collé les feuilles sur les pierres avec la main; ce qui« prouve quelles avoient été apportées par de leau qui les avoit« tenues en cet état; elles étaient en différentes situations, et« quelquefois deux ou trois se croisoient.

« On imagine bien quune feuille déposée par leau sur une vase« molle, et couverte ensuite dune autre vase pareille, imprime« sur lune limage de lune de ces deux surfaces, et sur lautre

l Année 1718, pag. 3 et suiv.