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Tome premier.
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26o THÉORIE

parce que le débordement a diminué la vitesse, et que par con-séquent la même quantité deau 11 étant plus emportée dans lemême temps quelle létoit auparavant, cest comme sil en arri-voit une plus grande quantité. Lon peut remarquer à loccasionde cette diminution, que sil arrive quun vent constant souillecontre le courant de la rivière, linondation sera beaucoup plusgrande quelle nauroit été sans cette cause accidentelle, qui dimi-nue la vitesse de leau ; comme au contraire, si le vent souffle dansla même direction que suit le courant de la rivière, linondationsera bien moindre et diminuera plus promptement. Voici ce queditM. Granger du débordement du Nil :

cc La crue du Nil et son inondation a long-temps occupé les« savans ; la plupartnont trouvé que du merveilleux dans la« chose du monde la plus naturelle, et quon voit dans tous les« pays du monde. Ce sont les pluies qui tombent dans lAbyssiniea et dans l'Ethopie qui font la croissance et linondation de ce« fleuve : mais on doit regarder le vent du nord comme causecc primitive, i°. parce qu'il chasse les nuages qui portent cettecc pluie du côté de lAbyssinie; 2°. parce quétant le traversiercc des deux embouchures du Nil , il en fait refouler les eaux àcc contre-mont, et empêche par- quelles ne se jettent en tropcc grande quantité dans la mer : on sassure tous les ans de ce faitcc lorsque le vent étant au nord et changeant tout à coup au sud,cc le Nil perd dans un jour ce dont il étoit: crû dans quatre *. »Les inondations sont ordinairement plus grandes dans les pal-lies supérieures des fleuves que dans les parties inferieures et voi-sines de leur embouchure, parce que, toutes choses étant égalesd'ailleurs, la vitesse dun fleuve va toujours en augmentant jus-qu'à la mer; et quoiquoidinairement la pente diminue dautantplus quil est plus près de son embouch ure, la vitesse cependan t estsouvent plus grande par les raisons que nous avons rapportées.Le père Castelli, qui a écrit fort sensément sur cette matière, re-marque très-bien que la hauteur des levées quon a faites pourcontenir le, va toujours en diminuant jusquà la mer, en sortequà Ferrare , qui est à 5o ou 60 milles de distance de la mer, leslevées ont près de 20 pieds de hauteur au-dessus de la surfaceordinaire du; au lieu que plus bas, à 10 ou 12 milles de dis-tance de la mer, les levées nont pas 12 pieds, quoique le canaldu fleuve y soit aussi étroit quà Ferrare .

Au reste, la théorie du mouvement des eaux courantes est en-

1 Vojagede Granger, Paris , 1745, jiag. i 3 et 14.