de l’Amérique méridionale ; niais on ne sait pas encore si l’O-céan environne de même la partie septentrionale du globe, ettous les navigateurs qui ont tenté d’aller d'Europe à la Chine parle nord-est ou par le nord-ouest, ont également échoué dans leursentreprises.
Les lacs diffèrent des mers méditerranées en ce qu’ils ne tirentaucune eau de l'Océan , et qu’au contraire s’ils ont communica-tion avec les mers, ils leur fournissent des eaux : ainsi la merNoire , que quelques géographes ont regardée comme une suite dela mer Méditerranée , et par conséquent comme un appendice del’Océan, n’est qu’un lac, parce qu’au lieu de tirer des eaux de laMéditerranée elle lui en fournit, et coule avec rapidité par le Bos-phore dans le lac appelé mer de Marmara, et de là par le détroitdes Dardanelles dans la mer de Grèce. La mer Noire a environdeux cent cinquante lieues de longueur sur cent de largeur, etelle reçoit un grand nombre de fleuves dont les plus considéra-bles sont le Danube, le Niépcr, le Don, le Bog, le Donjec , etc.Le Don, qui se réunit avec le Donjec, forme, avant que d’arriverà la mer Noire , un lac ou un marais fort considérable, qu’on ap-pelle le Palus Méotide , dont l’étendue est de plus de cent lieues enlongueur, sur vingt ou vingt-cinq de largeur. La mer de Mar-mara, qui est au-dessous de la mer Noire , est un lac plus petit quele Palus Méotide , et il n’a qu’environ cinquante lieues de longueursur huit ou neuf de largeur. Quelques anciens, et entre autres Dio-dore de Sicile, ont écrit que le Pont-Euxin, : ou la mer Noire ,n’éloit autrefois que comme une grande rivière ou un grand lacqui n’avoil aucune communication avec la mer de Grèce ; maisque ce grand lac s’étant augmenté considérablement avec le tempspar les eaux des fleuves qui y arrivent, il s’éloit enfin ouvert unpassage, d’abord du côté des îles Cyanées, et ensuite du côté del’Hellespont . Cette opinion me paroît assez vraisemblable, etmême il est facile d’expliquer le fait ; car en supposant que le fondde la mer Noire fût autrefois plus bas qu’il ne l’est aujourd’hui,on voit bien que les fleuves qui y arrivent, auront élevé le fondde cette mer par le limon et les sables qu’ils entraînent, et quepar conséquent il a pu arriver que la surface de cette mer se soitélevée assez pour que l’eau ait pu se faire une issue; et comme lesfleuves continuent toujours à amener du sable et des terres, etqu’en même temps la quantité d’eau diminue dans les fleuves, àproportion que les montagnes dont ils tirent leurs sources s’abais-sent, il peut arriver par une longue suite de siècles, que le Bos-phore se remplisse : mais comme ces effets dépendent de plusieurs