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Tome premier.
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472 THÉORIE

pues, et des haches dont la forme ressemble à celle des couteauxde sacrifice. On y trouve aussi des noisettes, des glands et descônes de sapins en grande quantité. Plusieurs antres endroits ma-récageux de l’Angleterre et de l’Irlande sont remplis de troncsd’arbres , aussi bien que les marais de France et de Suisse , deSavoie cl d’Ttalie.

Dans la ville de Modène et à quatre milles aux environs, enquelque endroit qu’on fouille, lorsqu’on est parvenu à la pro-fondeur de soixante-trois pieds, et qu’on a percé la terre à cinqpieds de profondeur de plus avec une tarière, l’eau jaillit aveunue si grande force, que le puits se remplit en fort peu de tempspresque jusqu’au-dessus : cette eau coule continuellement et nediminue ni n’augmente par la pluie ou par la sécheresse. Ce qu’ily a de remarquable dans ce terrain, c’est que lorsqu’on est par-venu à quatorze pieds de profondeur, on trouve les décoin bre-mens et les ruines d’une ancienne ville, des rues pavées, des plan-chers des maisons, différentes pièces de mosaïque, après quoion trouve une terre assez solide et qu’on croirait n’avoir jamaisété remuée : cependant au-dessous on trouve une terre humideet mêlée de végétaux, et, à vingt-six pieds des arbres toutentiers, comme des noisetiers avec les noisettes dessus, et unegrande quantité de branches et de feuilles d'arbres ; à vingt-huitpieds on trouve une craie tendre mêlée de beaucoup de coquil-lages, et ce lit a onze pieds d’épaisseur, après quoi on retrouveencore des végétaux , des feuilles et des branches; et ainsi alter-nativement de la craie et une terre mêlée de végétaux jusqu’à laprofondeur de soixante-trois pieds, à laquelle profondeur est unlit de sable mêlé de petit gravier et de coquilles semblables à cellesqu’on trouve sur les côtes de la mer d'Italie . Ces lits successifs deterre marécageuse et de craie se trouvent toujours dans le mêmeordre, en quelque endroit qu’on fouille, et quelquefois la tarièretrouve de gros troncs d’arbres qu’il faut percer; ce qui donnebeaucoup de peine aux ouvriers : on y trouve aussi des os, ducharbon de terre, des cailloux et des morceaux de for. Ramaz-zini, qui rapporte ces faits, croit que le golfe de Venise s’élen-doit autrefois jusqu’à Modène et au-delà, et que par la successiondes temps les rivières, et peut-être les inondations delà mer, ontformé successivement ce terrain.

Je ne m’étendrai pas davantage ici sur les variétés que pré-tentent ces couches de nouvelle formation : il suffit d’aioir mon-tré qu’elles non l pas d’autres causes que les eaux courantes oustagnantes qui sont à la surface de la terre, et qu’elles ne sont