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Tome premier.
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554 MINÉRAUX. INTRODUCTION,

lui-même le réservoir de tout lair nécessaire à sa combustion : enle Taisant détoner lentement, on le voit souffler son propre leucomme le feroil un soufflet étranger ; en le renfermant le plusétroitement, son feu, loin de séteindre, n'en prend que plus deforce, et produit les explosions terribles sur lesquelles sont fondésnos arts meurtriers. Cette combustion si prompte est en mêmetemps si complète, quil ne reste presque rien après l'inflammation,tandis que toutes les autres matières enflammées laissent des cen-dres ou dautres résidus qui démontrent que leur combustionnest pas entière, ou, ce qui revient au même, quelles contiennentun assez grand nombre de parties fixes, qui ne peuvent ni se brû-ler, ni même se volatiliser. On peut de même démontrer t|uel'acide vitriolique contient aussi beaucoup dair et de feu fixes,quoiquen moindre quantité que lacide nitreux; et dès-lors il lire,comme celui-ci, son origine de la même source, et le soufre , dan»la composition duquel cet acide entre si abondamment, lire desanimaux et des végétaux tous les principes de sa combustibilité.

Le phosphore artificiel, qui est le premier dans l'ordre des ma-tières combustibles, et dont lacide est dilièrent de lacide nitreuxet de l'acide vitriolique, ne se tire aussi que du règne animal,ou, si l'on veut, en partie du règne végétal élaboré dans les ani-maux, cest-à-dire, des deux sources de toute matière combus-tible. Le phosphore senflamme de lui-même, cest-à-dire, sanscommunication de matière ignée, sans frottement, sans autre ad-dition que celle du contact de l'air : autre preuve de la nécessitéde cet élément pour la combustion même dune matière qui neparoit. être composée que du feu. Nous démontrerons dans la suiteque lair est contenu dans l'eau sous une forme moyenne, entrelétat d'élasticité et celui de fixité. I e feu paroit être dans le phos-phore à peu près dans ce même étal moyen; car de même quelair se dégage de leau dès que l'on diminue la pression de lat-mosphère , le feu se dégage du phosphore lorsquon fait cesser lapression de leau, lon est obligé de le tenir submergé pourpouvoir le garder et empêcher.son feu de sexalter. Le phosphoresemble contenir cet élément sous une forme obscure et condensée,et il paroit être pour le feu obscur ce quest le miroir ardent, pourle feu lumineux, cest-à-dire , un moyen de condensation.

Mais sans nous soutenir plus long-temps à la hauteur de cesconsidérations générales, auxquelles je pourrai revenir lorsqu'ilsera nécessaire, suivons d'une manière plus directe et plus parti-ticulière lexamen du feu; tâchons de saisir ses effets, et de lesprésenter sous un point de vue plus fixe quon ne Ta fait jusqu ici.