54o MINERAUX. INTRODUCTION,
dans des contradictions apparentes, et même dans des erreurs très-
préjudiciables *.
i Je vais en donner un exemple récent. Deux habiles chimistes (MM. Pott etd’Arcet ) out soumis un grand nombre de substances à l’action du feu. Le premiers est servi d’un fourneau que je suis étonné que le second n’ait point entendu, puis-que rien ne m’a paru si clair dans tout l’ouvrage de IVJ. Pott, et qu’il ne faut qu’uncoup d’œil sur la planche gravée de ce fourneau, pour reconnoître que , par sa cons-truction , il peut, quoique sans soufflets, faire a peu près autant d’effet que s’il en«toit garni • car au moyen de longs tuyaux qui sont adaptés au fourneau par le hautet par le bas, l’air y arrive et circule avec une rapidité d’autant plus grande, queles tuyaux sont mieux proportionnés : ce sont des soufflets constans, et dont on peutaugmenter l’effet a volonté. Cette construction est si bonne et si simple , que je nepuis concevoir que M. d’Arcet dise que ce fourneau est un problème pour lui ...qu'il est persuadé que M. Pott a du se servir de soufflets > etc ., tandis qu’ilest évident que son fourneau équivaut, par sa construction , à l’action des souf-flets , et que par conséquent il n’avoit pas besoin d’y avoir recours ; que d’ailleurs*ce fourneau est encore exempt du vice que M. d’Arcet reproche aux soufflets } dont»l a raison de dire que Faction alterne , sans cesse renaissante et expirante ,jette du trouble et de l'inègalitc sur celle du feu ■ ce qui ne peut arriver ici ,puisque , par la construction du fourneau , l’on voit évidemment que le renouvel-lement de l'air est constant, et que son action ne renaît ni n’expire, mais estcontinue et toujours uniforme. Ainsi M. Pott a employé l'im des moyens dont onse doit servir pour appliquer le feu, c’est-a-dire, un moyen par lequel, commepar les soufflets, on augmente la vitesse du feu, en le pressant incessamment parun air toujours renouvelé ; et toutes les fusions qu’il a faites par ce moyen, etdont j’ai répété quelques-unes , comme celles du grès , du quarz , etc., sont très-rcellcs, quoique M. d’Arcet les nie : car pourquoi les nie-l-il ? c’est que de soucôté, au lieu d’employer, comme M. Pott, le premier de nos procédés généraux,c’esl-h-dire , le fen par sa vitesse accélérée autant qu’il est possible par le mouve-ment rapide de l’air, moyen par lequel il eût obtenu les mêmes résultats # il s’estservi du second procédé , et n’a employé que le feu en graud volume dans unfourneau , sans soufflets ou sans équivalent , dans lequel, par conséquent, le feune devoit pas produire les moines effets , mais devoit en donner d'autres, que,par la même raison , le premier procédé ne pouvoit pas produire. Ainsi les con-tradictions entre les résultats de ces deux habiles chimistes ne sont qu’apparenteset fondées sur deux erreurs évidentes : la première consiste a croire que le fen lepins violent est celui qui est en plus grand volume j et la seconde, que l’on doitobtenir du feu violent les mêmes résultats , «le quelque manière qu’on l’applique :cependant ces deux idées sont fausses. La considération des vérités contraires estencore une des premières pierres qu’il faudroit poser aux fondemens de la chimie }car ne seroit-il pas très-nécessaire avant tout , et pour éviter de pareilles contra-dictions a l’avenir, que les chimistes ne perdissent point de vue qu'il y a troismoyens généraux, et très-differens l’un de l’autre , d’appliquer le feu violent ? Lepremier, comme je l’ai dit, par lequel on n’emploie qu’un petit volume de feu,mais que l'on agite, aiguise, exalte au plus haut degré par la vitesse de l’aiv ,soit par des soufflets, soit par un fourneau semblable à celui de M Pott, quitire l’air avec rapidité : on voit par l’effet de la lampe d’ctnaiUeur , qu’avec unequantité de feti presque infiniment petite , on fait «le plus grands effets en petitque le fourneau «le verrerie ne peut en faire en grand. Le second moyen est d’ap-pliquer le feu, non pas en petit, mais en très-grande quantité, comme on le laitdans les fourneaux de porcelaine et de verrerie , où le feu n'est fort que par sort