PARTIE EXPÉRIMENTALE. 1*7
chargea de ce détail; et. je 11’en ferai pas la description , parcequ'un coup d’ocil sur le miroir eu fera mieux entendre la cons-truction cpi’un long discours.
11 suffira de dire qu’il a d’abord été composé de cent soixante-Iiuil glaces étarnées de six pouces sur huit pouces chacune, éloi-gnées les unes des autres d’environ quatre lignes; que chacune deces glaces se peut mouvoir eu tout sens, et. indépendamment, detoutes, et que les quatre lignes d’intervalle qui sont enlre elles,servent non-seulement à la liberté de ce mouvement, mais aussià laisser voir à celui qui opère, l’endroit où il faut conduire scsimages. Au moyen de cette construction l’on peut faire tomber surle même point les cent soixante-huit images, et par conséquentbriller à plusieurs distances, comme à vingt, trente, et jusqu’à centcinquante pieds, et à toutes les distances intermédiaires; et enaugmentant la grandeur du miroir, ou en faisant d’autres miroirssemblablesau premier, on esL sur de porterie feu à de plus grandesdistances encore, ou d’en augmenter, autant qu on voudra, lalbrce ou l’activité à ces premières distances.
Seulement il faut observer que le mouvement dont j’ai parlé,n’esl point trop aisé à exécuter, et que d’ailleurs il y a un grandchoix à faire dans les glaces : elles ne sont pas toutes à beaucoupprès également bonnes, quoiqu’elles paraissent telles à la premièreinspection ; j’ai été obligé d’en prendre plus de cinq cents pour:noir les cent soixante-huit dont je me suis servi. La manière doles essayer est de recevoir à une grande distance, par exemple àcuit cinquante pieds, l’image réfléchie du soleil comme un planvertical ; il faut choisir celles qui donnent une image ronde et bienUrrninée, et rebuter tontes les autres qui sont en beaucoup plusgrand nombre , et dont les épaisseurs étant inégales en diflërensendroits, ou la surface un peu concave ou convexe au lieu d’êtreplane, donnent des images mal terminées, doubles, triples, oblon-gues, chevelues, etc., suivant les différentes défectuosités qui setrouvent dans les glaces.
Par la première expérience que j’ai faite le aa mars 1747 , àmidi, j’ai mis le feu à soixante-six pieds de distance à une planchede hêtre goudronnée, avec quarante glaces seulement, c’est-à-dire,avec le quart du miroir environ ; mais il faut observer que, ne-tant pas encore monté sur son pied, il étoit posé très-désavanta-geusement, faisant avec le soleil un angle de près de 20 degrés dedéclinaison, et un autre de plus de io degrés d’inclinaison.
Le même jour, j’ai mis le feu à une planche goudronnée et sou-ffre, à cent vingt-six pieds de distance, avec quatre-vingt-dix-huit