PARTIE EXPÉRIMENTALE. i4i
quatre glaces seulement, sera plus de douze fois plus grande quecelle qu’il produit ordinairement, et: l'effet sera le même que s’ilexistoit, douze soleils au lieu d’un, ou plutôt que si le soleil avoitdouze fois plus de chaleur.
Secondement, on aura, par le moyen démon miroir, la vraieéchelle de l’augmentation de la chaleur, et on fera un thermo-mètre réel, dont les divisions n’auront plus rien d’arbitraire, de-puis la température de Fair jusqu’à tel degré de chaleur qu'onvoudra , en faisant tomber une à une successivement les imagesdu soleil les unes sur les autres, et en graduant les intervalles,soit au moyen d’une liqueur expansive, soit au moyen d’unemachine de dilatation; et de là nous saurons en effet ce que c’estqu'une augmentation double, triple, quadruple, etc., de chaleur *>et nous connoitrons les matières dont l’expansion ou les autreseffets seront les plus convenables pour mesurer les augmentationsde chaleur.
Troisièmement, nous saurons au juste combien de fois il fiutla chaleur du soleil pour brûler, fondre ou calciner différentesmatières, cc qu’on ne savoit estimer jusqu’ici que d’une manièrevague et fort éloignée clc la vérité; et nous serons en état de fairedes comparaisons précises de l'activité de nos feux avec celle dusoleil, et d'avoir sur cela des rapports exacts et des mesures fixeset invariables.
Enfin on sera convaincu, lorsqu’on aura examiné la théorieque j’ai donnée, et qu’on aura vu l’effet de mon miroir, que lemoyen que j’ai employé étoit le seul par lequel il fût possible doréussir à brûler au loin : car, indépendamment de la difficultéphysique de faire de grands miroirs concaves, sphéi’iques , parabo-liques, ou d’une autre courbure quelconque assez régulière pourbrûler à cent cinquante pieds, on se démontrera aisément à soi-même qu’ils ne produiroient qu’à peu près autant d’effet que lemien, parce que le foyer en seroit presque aussi large; que deplus, ces miroirs courbes, quand même il seroit possible de les exé-cuter, auroient le désavantage très-grand de ne brûler qu’à uneseule distance, au lieu que le mien brûle à toutes les distances; etpar conséquent on abandonnera le projet de faire, par le moyendes courbes, des miroirs pour brûler au loin ; ce qid a occupé inu-
1 Feu M. de Mairan a fait une épreuve avec trois glaces seulement, et a trouvéque les augmentations du double et du triple de chaleur étoient comme les divisionsdu thermomètre de Réaumuv ; mais on ne doit rien conclure de cette expérience,qui n a donné lieu h ce résultat que par uue espèce de liusard. Vovcz sur ce sujetmon Traité des Elément,