1 9 S minéraux, introduction,
a faites sur celle image colorée du Soleil, ont appris que la lu-mière de cel astre est l’assemblage d’une infinité de rayons de lu-mière différemment colorés; que ces rayons ont autant de différonsdegrés de réfrangibilité que do couleurs différentes, et que lamôme couleur a constamment le même degré de réfrangibilité.Tous les corps diaphanes dont les surfaces ne sont pas parallèlesproduisent des couleurs par la réfraction ; l’ordre de ces couleursest invariable, et leur nombre, quoiqu’infini, a été réduit à septdénominations principales, violet, indigo, bleu, vert, jaune,orangé, rouge: chacune de ces dénominations répond à un inter-valle déterminé dans l'image colorée, qui contient toutes lesnuances de la couleur dénommée; de sorte que dans l’intervallerouge on trouve toutes les nuances de rouge, dans l’intervallejaune tontes les nuances de jaune, etc., et dans les confins de cesintervalles les couleurs intermédiaires qui ne sont ni jaunes nirouges, etc. C’est par de bonnes raisons que Newton a fixé à septle nombre des dénominations des couleurs : l’image colorée du .So leil , qu’il appelle le spectre solaire, n’offre à la première vue quecinq couleurs, violet, bleu, vert, jaune et rouge; ce n’est encorequ’une décomposition imparfaite de la lumière, et une représen-tation confuse des couleurs. Comme cette image est composée d’uneinfinité de cercles différemment colorés qui répondent à autant dedisques du Soleil, et que ces cercles anticipent beaucoup les unssur les autres, le milieu de tous ces cercles est l’endroit où le mé-lange des couleurs est le plus grand, et il n’y a que les cotés recti-lignes de l’image où les couleurs soient pures; mais, comme (‘liessont en même temps très-foibles, on a peine à les distinguer, eton se sert d’un autre moyen pour épurer les couleurs : c’est enrétrécissant l’image du disque du Soleil; ce qui diminue l'antici-pation des cercles colorés les uns sur les autres, et par conséquentle mélange des couleurs. Dans ce spectre de lumière épurée et ho-mogène, on voit très-bien les sept couleurs : on en voit mêmebeaucoup plus de sept avec un peu d’art; car en recevant successi-vement sur un fil blanc les différentes parties de ce spectre de lu-mière épurée, j’ai compté souvent jusqu’à dix-huit ou vingt cou-leurs dontla différence étoit sensible à mes yeux. Avec de meilleursorganes ou plus d’attention on pourvoit encore en compte) - davan-tage : cela n’empêche pas qu’on ne doive fixer le nombre de leursdénominations à sept, ni plus ni moins; et cela par une raisonbien fondée, c'est qu’en divisant le spectre de lumière épurée ensept intervalles, et suivant la proportion donnée par Newton,chacun de ces intervalles contient des couleurs qui, quoique prises.