fit4 HISTOIRE NATURELLE.
que les premières, n’ayant été produites que par l'intermède del’eau, ne doivent être considérées qu’après avoir examiné les ma-tières dont elles tirent leur origine, et qui ont été lormées par lefeu primitif. Je ne vois donc dans toute la Nature que le quarz,le jaspe, le mica, le feld-spatli et le scliorl, qu'on puisse regardercomme des matières simples ou presque simples, et auxquellesou peut ajouter encore le grès pur, qui n’est qu'une agrégationde grains quarzeux, et le talc, qui de même n'est composé quede paillettes micacées. Nous séparons donc de ces verres primitifstous leurs produits secondaires, tels que les cailloux, agates, cor-nalines, sardoines, jaspes-agates, et autres pierres opaques ou de-mi-transparentes , ainsi que les cristaux de roche et les pierresprécieuses, parce qu’elles doivent être mises dans la classe dessubstances de dernière formation.
Le jaspe primitif a été produit par le feu presque on mêmetemps que le quarz, et la Nature montre f ile-même en quelquesendroits comment elle a formé le jaspe dans le quarz. <f Un voit« dans les Vosges lorraines, dit un de nos plus habiles natura-« listes * 1 , une montagne où le jaspe traverse et serpente entre les« masses de quarz par larges veines sinueuses, qui représentent.« les soupiraux par lesquels s’exhaloient les sublima fous mélal-« liques : car toutes ces veines sont diversement colorées; et par-« tout où elles commencent à prendre des couleurs, la pâte qi:ar-« zeuse s'adoucit et semble se fondre en jaspe, en sorte qu’on<c peut avoir dans le même échantillon, et la matière quarzeusc,« et le filon jaspé. Ces veines de jaspe sont de dilVérentes dimeu-« sions; les unes sont larges de plusieurs pieds, et les autres scu-« lemenl: de quelques pouces : et: partout où la veine n’est pas« pleine, mais laisse quelques bouillons ou interstices vides, on<i voit de belles cristallisations, dont plusieurs sont colorées. On« peut contempler on grand ces ellèts do la Nature dans celte« belle montagne : elle est. coupée à pic par dillérens groupes,a sur trois et quatre cents pieds de hauteur; et sur ces flancs,« couverts d'énormes quartiers rompus et entassés comme de vastes« ruines, s’élèvent encore d’énormes pyramides de ce même ro-« cher, tranché et mis à pic du coté du vallon. Cette montagne,« la dernière des Tosgcs lorraines, sur les confins de la Eranche-« Comté, à l’entrée du Canton nommé le Val-d’Ajol*, fermoit
1 1VI. l’abbé Bexon, grand-chantre de la Sainte-Chapelle de Paris .
1 Les gens du pays nomment U utonlague Chaaarouçc , et sa vallée les 7"at-gottes : elle est située à deux lieues, au midi, de la ville de Kerniremont , etune lieue, h l’orient, du buiu’g de Piomiuèrc*, fameux par *e$ eaux minérale»chaudes.
I