G4S HISTOIRE NATURELLE.
Les nouveaux granités sont souvent adossés aux flancs ou stra-tifiés au pied des grandes masses antiques dont ils tirent leurorigine; ils sont étendus en couches ou en lits plus ou moins-inclinés, et souvent horizontaux, au lieu d’ètre groupés on hau-teur, entassés en pyramides, ou empilés en feuillets verticaux’,comme le sont les véritables.granités dans les grandes montagnesprimitives : celte différence de position est un elfet remarquableet frappant, qui, d’un coté, caractérise l’action du fini, dont laforce expansive du centre à la circonférence ne'pouvoil qu’éhui-cor, élever la matière et la grouper en hauteur, tandis que la se-conde position présente foin rage de l’eau, qui, soumise à la loide l'équilibre, et ne travaillant que par voie de transport et dedepot, tend généralement à suivre la ligne horizontale.
Les granités secondaires se sont donc tonnés des premiers dé-bris du granité primitif, et les fiagmens rompus des uns et desantres, et roulés par les eaux, ont postérieurement rempli plusieursvallées, et ont même formé par leur entassement des montagnessubalternes. Il sc trouve des carrières entières et en bancs étendus,de ces fragmens de granités roulés et souvent mêlés de pareilsfragmens de quarz arrondis, comme ceux île granité, en formede cailloux. Mais ces couches sont, comme l’on voit, de secondeet même de troisième formation. El dans le même temps que leseaux entrainoient, froissoient et enlassoienl ces fragmens massifs,elles transportoient au loin, dispersoienf et déposoient partoutles parties les plus ténues et la poussière flottante de ces débrisgraniteux ou quarzeux; dès-lors ces poudres vitreuses ont été
1 C’est ce que M. de Saussure appelle des couche* perpendiculaires, par uneassociation de mois aussi insociables que les idées qu’ils présentent sont incompa-tibles ; car qui dit couches , dit dépôt stialifié , étendu , couché enlin sur une ligueplus ou moins voisine de la ligne horizontale, et dout les feuillets se divisent ence sens ; or une telle masse, stratifiée horizontalement , ne peut rien offrir de per-pendiculaire que les fissures ou sutures qui l’ont accidentellement di v isée : la trancheperpendiculaire porte au contraire sa plus grande dimension sur la ligne de hau-teur, elle se coupe en lames verticales \ et il est aussi impossible qu'elle ait étéformée par la môme cause que la couche horizontale, qu’il l’est que cette dernièredevienne jamais perpendiculaire, si ce u’est par accident} car il est indubitableque toutes les couches stratifiées parla mer, et qui ne doivent pas leur inclinaison auxcauses accidentelles, comme la chute îles cavernes, la tiennent «les inclinaisonsmemes , des pentes ou des coupes des masses primitives auxquelles elles sont venuess'adosser, s’adapter et se superposer, qut , en un mot, leur ont servi «le base.Aussi IM. de Saussure , après avoir fait la description et l’énumération de plusieursde ces couches violemment inclinées ou pn-sque perpendiculaires, rappelle-t-dtous ces faits particuliers a une observation qu'il regarde lui-même comme géné-rale et importante ; savoir , <jue les montagnes secondaires sont d’autant plusii régulières et plus inclinées cju’elles approchent plus des primitives.