AMÉTHYSTE. 63 g
que pour teindre le prisme; aussi cette teinture s’alfoiblit parnuance du violet au blanc clans le plus grand nombre de cespierres : on le voit évidemment en tranchant horizontalementune table de cristaux d’améthyste; toutes les pointes sont plus oumoins colorées, et les bases sont souvent toutes blanches commele cristal.
O11 sait que le violet et le pourpre sont les couleurs intermé-diaires entre le rouge et l’indigo ou bleu foncé; le cristal de rochen'a donc pu devenir améthyste que quand le quarz qui l’a produits’est trouvé imprégné de particules de cette même couleur violetteou pourprée : mais comme il n’y a aucun métal, ni même aucunminéral métallique, cpii produise cette couleur par la voie humide,et que la manganèse 11e la donne au verre que par le moyen dufeu, il faut avoir recours au mélange du rouge et du bleu pourla composition des améthystes; or ces deux couleurs du rouge etdu bleu peuvent être fournies par le fer seid, ou par le fer mêléde cuivre : ainsi les améthystes ne doivent se trouver que dans lesquarz de seconde formation, et qui sont voisins de ces mines mé-talliques en décomposition.
On trouve eu Auvergne, à quatre lieues au nord de Brioude ,une minière d’améth3 , 'sles violettes, dont M. le Monnier, premiermédecin ordinaire du Roi, et l’un de nos savans naturalistes del’académie, a donné une bonne description.
On trouve de semblables améthystes dans les mines de Schem-nitz en Hongrie; on en a rencontré en Sibérie , et jusqu’au Kamts-chatka; il s’en trouve aussi en plusieurs autres régions, et par-ticulièrement en Espagne; celles de Catalogne ont une couleur-pourprée , et ce sont les plus estimées : mais aucune de cespierres n’a la dureté, la densité ni l'éclat des pierres précieuses;et toutes les améthystes perdent leur couleur violette ou pourpréelorsqu’on les expose à l’action du feu. Enfin elles présentent tousles caractères et toutes les propriétés du cristal de roche : l’on nepeut donc douter qu’elles ne soient de la même essence, et queleur substance, à la couleur près, 11e soit absolument la même.
Les anciens ont compté cinq espèces d’améthystes, qu’ils distin-guoient par les difi’érens tons ou degrés de couleurs : mais cettediversité ne consiste qu’en une suite de nuances qui rentrent lesunes dans les autres; ce qui ne peut établir entre ces pierres unedilférence essentielle. La distinction qu'en font les joailliers enorientales^ t occidentales , 11e me paroitpas bien fondée; car aucuneaméthyste n’offre les caractères des pierres précieuses orientales;savoir, la dureté, la densité et la simple réfraction. Ce n’est pas