S HISTOIRE NATURELLE.
vations nous fourniroieut plus de lumières que l’analyse chimique
sur son origine et sa composition.
En attendant ce supplément à nos connoissances, )e crois qu'onpeut présumer avec fondement que le jade, tel que nous le con-noissons, est autant un produit de l’art que de la Nature; quequand les sauvages l’ont travaillé, percé et liguré, celoit une ma-tière tendre, qui n’a acquis sa grande dure lé et sa pleine densité quepar l’action du leu auquel ils ont exposé leurs haches cl les autresmorceaux qu’ilsavoienl,percés ou gravés dansleurélatdemollesseou de moindre dureté. J'appuie cette présomption sur plusieursraisons et sur quelques faits. 1 °. J'ai vu une petite hache de jadeolivâtre, d'environ quatre pouces de longueur sur deux poucescl demi de largeur, et un pouce d’épaisseur à la hase, venant desterres voisines de la rivière des Amazones, et cette hache n’avoilpas à beaucoup pris la dureté des autres haches de jade; on pou-voil l'entamer au couteau , et, dans cet état, elle n’auroit pu ser-vir à l’usage auquel sa ibrme de hache dèmontroil qu’elle étoit.destinée : je suis persuadé qu’il ne lui manquoit que d'avoir étéchauffée, et que par la seule action du feu elle scroil devenueaussi dure que les autres morceaux de jade qui ont la même lorme;les expériences de N1. Parcel confirment cette présomption, puis-qu'il a reconnu qu’on augmente encore la dureté du jade en lechauffant.
2 °. Le poli gras et savonneux du jade indique que sa subs-tance est imprégnée de molécules talqneuses qui lui donnentcette douceur «u tou'her, et ccci se confirme par un second rap-port entre le jade et les pierres talqneuses, telles que les serpen-1 ! nés et pierres ollaires, qui toutes sont molles dans leurs car-rières, et qui prennent à l’air, et surtout au feu, un grand degréde dureté.
3°. Comme le jade se fond , suivant M. Pemesle. à un feu vio-lent , et que les micas et k- truc peuvent.s'y fondre de même et sansintermède, je scrois porté à croire que cette pierre pourroit n'êtrecomposée que de quarz mêlé d'une assez grande quantité de miraou de talc pour devenir fusible, ou que si le seul mélange du talcne peut produire cette fusibilité du jade, on doit encore y suppo-ser une certaine quantité de scliorl qui aurait augmenté sa den-sité et sa fusibilité. /
Enfin nous nous rapprocherons de l'ordre de la Nature, autantqu'il est possible, en regardant le jade comme une matière mixte,et formant la nuance entre les pierres quarzeuses et les pierres mi-cacées ou lalqueusts dont nous allons traiter.