26 HISTOIRE NATURELLE.
« le ramollit en le pressant et frottant entre les doigts, il rcs—« semble parfaitement à du papier mâché.
« Les gros morceaux de ce liège et ceux qui sont fort épais« sont ordinairement fort pesans, eu égard aux autres qui sont« peu pénétrés par la terre et par les sucs pétrifians : ceux-ci ont« la légèreté et la mollesse du liège ordinaire ; voilà sans doute ce-ce qui a fait donner à cette substance le nom de liège de mon -« tagne. On pourrait donner encore à ceux qui sont bien blancs« et minces le nom de papier de montagne ; les libres qui les« composent sont d’un tissu très-lâche, tandis que la plupart des« autres ont presque la pesanteur des pierres : on peut rendre« à ces derniers la légèreté qui leur est propre, en les coupait en« petits morceaux minces, et leur ôtant toute la partie terreuse« ou pétrifiante.
« J'ai trouvé quelques morceaux de cette substance, qui, par-te tagée en deux, 11e pouvoit se séparer qu’en laissant apercevoir« des filets soyeux parallèles, couchés en grande partie perpendi-« culairement les uns contre les autres, ne se séparant que par-te fila mens, et se tenant d’un bout jusqu’à l’autre comme les fibres-cc d’un muscle : il me semble que ceux-ci doivent être une es-« pèce d’amiante; ils sont aussi fort légers. J’en ai mis quelques« morceaux dans des creusets, que j’ai exposés à un feu fort ar-ti dent pendant deux heures: je les ai tirés sans aucune appâ-te rence de vitrification ; seulement ils avoient perdu de leur poids,.t< mais ils étaient toujours inattaquables aux acides.
a On voit sur le sol du terrain où se trouve ce iiége de mon—0 tagne, i°. une espèce d’ardoise grossière; 2°. beaucoup de quara<1 en assez petits morceaux détachés, isolés à la surface de la terre,« et dont plusieurs sont pénétrés par leurs côtés de cette pierre tal-« queuse qui est la pierre dominante de ce terrain. »
Il me paraît qu’on doit conclure de ces faits réunis et compa-rés , cpie le cuir et le liège de montagne sont formés des parcellesmicacées qui se trouvent en grande quantité clans ce terrain ; queces particules s’y réunisent sous la forme d’amiante, de cuir et deiiége, suivant le degré de leur atténuation , et qu’enlin elles for-ment des talcs lorsqu’elles sont encore plus atténuées, en sorte que lestalcs, les amiantes, et toutes les concrétions talquelises dont nousvenons de présenter les principales variétés, tirent également leurorigine du mica primitif, qui lui-même a été produit, commenous l’avons dit, par les exfoliations du quarz et des trois autresverres de nature.