STALACTITES CALCAIRES. 33
réfractions ne diffèrent que peu, comme dans le cristal de roche,dont les réfractions ne s’éloignent qne d’un dix-neuvième, et dontpar conséquent la densité des couches alternatives ne diffère quetrès-peu, tandis qne, dans le spath appelé cristal d’Islande , lesdeux réfractions , qui diffèrent entre elles de plus d’un tiers',,nousdémontrent que la différence de la densité respective des couchesalternatives de ce spath est six fois plus grande que dans les cou-ches alternatives du cristal de roche. Il en est de même du gvpsetransparent, qui n’est qu’un spath calcaire imprégné d’acide vi-triolique; sa double réfraction est, à la vérité, moindre que celledu cristal d’Islande , mais cependant pins forte que celle du cris-tal tle roche, et l'on ne peut douter qu’il ne soit également com-posé de couches alternatives de différente densité : or ces couches,dont les densités ne sont pas fort différentes, et dont les réfrac-tions, comme dans le cristal de roche, ne diffèrent que d’un dix-neuvième, ont aussi à très-pen près la même puissance cTattrac-tion , et dès-lors le mouvement qui les unit est presque simple ,ou si peu composé, que les couches se superposent sans obli-quité sensible les unes sur les autres; au lieu que quand les con-ciles alternatives sont de densité très-différente , et que leurs ré-fractions, comme dans le cristal d'Islande , diffèrent de plus d’untiers, leur puissance d’attraction diffère en même raison, et cesdeux attractions agissant à la fois, il en résulte un mouvementcomposé, qui, s’exerçant dans la diagonale, produit l’obliquitédes couches, et par conséquent celle des faces et des angles dansce cristal d Islande , ainsi que dans tous les autres spaths calcaires.
Et comme cette différence de densité se trouve plus ou moinsgrande dans les diflérensspaths calcaires, leur forme de cristalli-sation, quoique toujours oblique, lie laisse pas d’être sujette à desvariétés qui ont été bien observées par M. le docteur Lemeste :je me dispenserai de les rapporter ici, parce qlie ces variétés 11e111e paroissent être que des formes accidentelles dont on ne peuttirer aucun caractère réel et général ; il nous suffira, pour jugerde tous les spaths calcaires, d’examiner le spath d’Islande, dontla forme et les propriétés se retrouvent plus ou moins dans tousles autres spaths calcaires.
Buffon. 4 .
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