<70 HISTOIRE NATURELLE
« ceux qui affectent une ligure cubique, soumis au feu jusqu’à« l’incandescence , jettent des étincelles dans l’obscurité ; maisa leur lueur est fort foible, après quoi ils se divisenL par petits<c éclats. Les spaths fusibles phosphoriques, soumis à la mêmeu chaleur, jettent une lumière très-vive et très-foncée; ensuite« ils se brisent en plusieurs morceaux qu'on a beaucoup plus dea peine à réduire en poudre que les éclats des spaths fusibles vi-<c treux. » Les vrais spaths fluors sont donc désignés ici commespaths fusibles et spaths vitreux, quoiqu’ils ne soient ni fusiblesni vitreux; et quoique cet habile chimiste semble les distinguerdes spaths qu’il appelle phosphoriques , les différences ne sont pasassez marquées pour qu'on ne puisse les confondre, et il est àcroire que ce qu’il appelle spath fusible vitreux et spath fusiblephosphorique , se rapporLe également aux spaths fluors, qui nediffèrent les uns des autres que par le plus ou moins de pureté:et en effet, deux de nos plus savans chimistes, MM. Sage et De-mos le , ont dit expressément que los spaths vitreux, fusibles ouphosphoriques , ne sont qu’une seule et même chose; or ces spathsfluors , loin d’être fusibles, sont très-réfractaires au leu : mais il estvrai qu’ils ont la propriété d'être, comme le borax, des fondanstrès-actifs; et c’est probablement à cause de cette propriété fondantequ’on leur a donné le nom de spaths fusibles; mais on ne voit paspourquoi ils sont dénommés sj/aths vitreux fusibles , puisque dotous les spaths il n’y a que le seul feld-spath qui soit en effet vitreuxet fusible.
Quelques habiles chimistes ont confondu ces spaths fluors avecles spaths pesans, quoique ces deux substances soient très-diffé-rentes par leur essence, et qu’elles ne se ressemblent que par delégères propriétés : les spaths fluors réduits en poudre prennent,par le feu, de la phosphorescence comme les spaths pesans; maisce caractère est équivoque, puisque les coquilles et autres ma-tières calcaires réduiLes en poudre prennent, comme les spathspesans et les spaths fluors , de la phosphorescence par l’actiondu feu ; et, si nous comparons tou Les les autres propriétés desspaths pesans avec celles des spaths fluors , nous verrons queleur essence n’est pas la même, et que leur origine est bien dif-férente.
Les spaths pesans sont d’un tiers plus denses que les spathsfluors 1 , et celle seule propriété essentielle démontre déjà que