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Tome quatrième.
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TRAITÉ DE LALNIAXT, etc. iR. >

l'intérieur de la terre, à une médiocre profondeur, est de plus dedix degrés.

Cest de ce feu intérieur ou de cette chaleur propre du globeque provient le feu particulier de lélectricité. Vous avons déjà ditdans notre Introduction à lhistoire des minéraux, et tout nous lepersuade, que l'électricité lire son origine de celte chaleur inté-rieure du globe. Les émanations continuelles de celte chaleur in-térieure sélèvent perpendiculairement à chaque point de la sur-face de la terre : elles sont bien plus abondantes à l'équateur quedans toutes les autres parties du globe ; assez nombreuses dans leszones tempérées, elles deviennent nulles ou presque milles auxrégions polaires, qui sont couvertes par la glace ou resserrées parla gelée. Le fluide électrique , ainsi que les émanations qui le pro-duisent, ne peuvent donc jamais être en équilibre autour duglobe; ces émanations doivent nécessairement partir de léqua-teur elles abondent, et se porter vers les pôles elles man-quent.

Ces courans électriques qui partent de l'équateur et des région»,adjacentes se compriment et se resserrent en se dirigeant à cha-que pôle terrestre, à peu près connue les méridiens se rappro-chent les uns des autres : dès-lors la chaleur obscure qui émane dela terre et forme ces courans électriques peut devenir lumineuseen se condensant dans un moindre espace, de la même manièreque la chaleur obscure de nos fourneaux devient lumineuse lors-qu'on la condense en la tenant enfermée; et cest la vraie causede ces feux quon regardoit autrefois comme des incendies cé-lestes, et qui ne sont néanmoins que des effets électriques aux-quels on a donné le nom daurores polaires. Elles sont plus fré-quentes dans les saisons de lautomne et de l'hiver, parce que cestle temps les émanations de la chaleur de la terre sont le pluscomplètement supprimées dans les zones froides, tandis quellessont toujours presque également abondantes dans la zone torride;elles doivent donc se porter alors avec plus de rapidité de léqua-teur aux pôles , et devenir lumineuses par leur accumulation etleur resserrement dans un plus petit espace \

1 M. le comte de Lacepède a puîdié, dans le Journal de physique de 1778, unmémoire dans lequel il suit les mêmes vues , relatives a l'électricité , que nous avonsdonnées dans notre Introduction à lhistoire des minéraux , et rapporte l'ori-gine des aurores boréales à l'accumulation du feu électrique qui part de IVquatcur,et va se ramasser au-dessus des contrées polaires. En 1779 , on a lu , dans une desséances publiques de l'Académie des Sciences , un mémoire de iVÎ. Francklin , danslequel ce savant physicien attribue aussi la formation des aurores boréales aujluide électrique qui se porte et se condcuse au-dvssus des glace» des deux pôle*.,