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Tome quatrième.
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21 I

TRAITÉ DE LAIMANT, etc.

phénomènes que la pierre d'aimant, qui nest en effet quunemasse ferrugineuse, aimantée par la cause générale du magné-tisme. Le fer ne prend aucune augmentation de poids par l'im-prégnation de la vertu magnétique; la plus grosse masse de ferne pèse pas un grain de plus, quelque fortement quelle soit ai-mantée : le fer ne reçoit donc aucune matière réelle par cettecommunication, puisque toute matière est pesante, sans même enexcepter celle du feu. Cependant le feu violent agit sur l'aimant etsur le fer aimanté; il diminue beaucoup, ou plutôt il suspendleur force magnétique lorsquils sont échauffés jusquà lincandes-cence, et ils ne reprennent cette vertu quà mesure quils sc re-froidissent. Une chaleur égale à celle du plomb fondu ne suffit paspour produire cet effet : et dailleurs le feu, quelque violent quilsoit, laisse toujours à laimant et au fer aimanté quelque portionde leurs forces ; car, dans létat de la plus grande incandescence,ils donnent encore des signes sensibles, quoique foibles, de leurmagnétisme. M. Epinus a même éprouvé que des aimans natu-rels portés à létat dincandescence, refroidis ensuite, et placésentre deux grandes barres dacier fortement aimantées, acqué-raient un magnétisme plus fort, et, par la comparaison de sesexpériences , il paraît que plus un aimant est vigoureux par sanature, mieux il reçoit et conserve ce surcroît de force.

Laction du feu ne fait donc que diminuer ou suspendre lavertu magnétique , et concourt même quelquefois à laugmenter :cependant la percussion, qui produit toujours de la chaleur lors-quelle est réitérée , semble détruire cette force en entier; car, siTon frappe fortement, et par plusieurs coups successifs, une lamede fer aimantée, elle perdra sa vertu magnétique, tandis quenfrappant de même uneseinblable lame non aimantée, celle-ci ac-querra, par cette percussion, dautant plus de force magnétiqueque les coups seront plus forts et plus réitérés : mais il faut re-marquer que la percussion, ainsi que laction du feu, qui sembledétruire la vertu magnétique, ne font que la changer on la chasser,pour en substituer une autre, puisquelles suffisent pour aiman-ter le fer qui ne lest pas; elles ôtent donc au fer aimanté la forcecommuniquée par laimant, et en même temps y portent et luisubstituent une nouvelle force magnétique, qui devient très-sen-sible lorsque la percussion est continuée; le fer perd la première,et acquiert la seconde, qui est souvent plus foible et moins du-rable; il arrive ici le même effet à peu près que quand on passesur un aimant foible du fer aimanté par un aimant fort, ce ferperd la grande force magnétique qui lui avoit été communiquée