*22 HISTOIRE NATURELLE,
cubiques, il s’en trouve qui portent vingt, trente et même cin-quante fois leur poids. Mais, pour faire des comparaisons exactes,il faut que le fer soit de la même qualité, et que les dimensionset la figure de chaque morceau soient semblables et égales; car unaimant qui soutiendrait un cube de fer du poids d’une livre nepourra soutenir un fil de fer long d’un pied , qui ne pèserait pasun gros ; et si les masses à soutenir ne sont pas entièrement de fer,quoique de même forme, si, par exemple, on applique à l'aimantdeux masses d’égal poids et de figure semblable, dont l’une seraitentièrement de fer, et dont l’autre ne serait de fer que dans lapartie supérieure, et de cuivre ou d’autre matière dans la partieinférieure, cette niasse composée de deux matières ne sera pasattirée ni soutenue avec la même force que la masse de fer con-tinu, et elle tiendra d’autant moins à l’aimant que la portion defer sera plus petite, et que celle de l’autre matière sera plus grande.
Lorsqu’on divise un gros aimant en plusieurs parties, chaquefragment, quelque petit qu’il soit, aura toujours des pôles. Lavertu magnétique augmentera au lieu de diminuer par cette di-vision ; ces fragmens, pris séparément, porteront beaucoup plusde poids que quand ils étaient réunis en un seul bloc. Cependantles gros aimans, même les plus foibles, répandent en proportionleur force à de plus grandes distances que les petits aimans lesplus forts ; et si l’on joint ensemble plusieurs petits aimans pourn’cn faire qu’une masse, la vertu de celte masse s’étendra beau-coup plus loin que celle d’aucun des morceaux dont ce bloc estcomposé. Dans tous les cas, cette force agit de plus loin sur unautre aimant, ou sur le fer aimanté, que sur le 1 èr qui ne l’est pas.
On peut reconnoitre assez précisément les effets de l'attractionde l’aimant sur le fer, et sur le fer aimanté, par le moyen des bous-soles, dont l'aiguille nous offre aussi, par son mouvement, lesautres phénomènes du magnétisme général. La direction de l’ai-guille vers les parties polaires du globe terrestre, sa déclinaisonet son inclinaison dans les différens lieux du globe, sont les effetsde ce magnétisme dont nous avons tiré le grand moyen de par-courir les mers et les terres inconnues, sans autre guide que cetteaiguille, qui seule peut nous conduire lorsque l’aspect du cielnous manque, et que tous les astres sont voilés par les nuages,les brouillards et les brumes.
Ces aiguilles une fois bien aimanlées sont de véritables aimans ;elles nous en présentent tous les phénomènes, et même les démon-trent d’une manière plus précise qu’on ne pourrait les reconnoitredans les aimans mêmes : car l’aimant et le fer bien aimanté pro-