456 HISTOIRE NATURELLE
liqueurs un plus grand nombre de mâles que de femelles ? c’estaussi ce qui arrive, et dont on croyoit qu'il étoit impossible dedonner une raison. Il naît environ un seizième d’enfans mâles deplus que de femelles, et on verra dans la suite que la même causeproduit le même effet dans toutes les espèces d’animaux sur les-quelles on a pu faire cette observation.
CHAPITRE V.
Exposition clés systèmes sur la génération.
P la ton dans le Timée explique non-seulement la génération del’homme, des animaux, des plantes, des élémens , mais mêmecelle du ciel et des dieux, par des simulacres réfléchis, et par desimages extraites de la Divinité créatrice, lesquelles, par un mou-vement harmonique, se sont arrangées selon les propriétés desnombres dans l’ordre le plus parfait. L’univers, selon lui, est unexemplaire de la Divinité; le temps, l’espace, le mouvement, lamatière, sont des images de ses attributs ; les causes secondes etparticulières sont des dépendances des qualités numériques et har-moniques de ces simulacres. Le monde est l'animal par excellence,l’être animé le plus parfait; pour avoir la perfection complète, ilétoit nécessaire qu’il contint tous les autres animaux, c'est-à-dire,toutes les représentations possibles et toutes les formes imaginablesde la faculté créatrice : nous sommes l’une de ces formes. L’essencede toute génération consiste dans l'unité d’harmonie du nombretrois, ou du triangle, celui qui engendre, celui dans lequel onengendre, et celui qui est engendré. La succession des individusdans les espèces n’est qu’une image fugitive de l’éternité immuablede cette harmonie triangulaire, prototype universel de toutes lesexistences et de toutes les générations : c’est pour cela qu’il a falludeux individus pour en produire un troisième; c’est là ce qui cons-titue l’ordre essentiel du père et de la mère, et la relation du fils-Ce philosophe est un peintre d’idées; c’est une âme qui, déga-gée de la matières s’élève dans le pays des abstractions, perd de vueles objets sensibles, n’aperçoit, ne contemple et ne rend que l'in-tellectuel. Une seule cause, un seul but, un seul moyen , font lecorps entier de ses perceptions ; Dieu comme cause, la perfectioncomme but, les représentations harmoniques comme moyens :quelle idée plus sublime ! quel plan de philosophie plus simple -quelles vues plus nobles ! mais quel vide ! quel désert de spéculation !