DF.S ANIMAUX. 5 i-j
ques taches, quelques balles, quelques fils, et d’autres défectuosi-tés qu’il faut reconuoître exactement, afin que ces apparences nese présentent pas comme si c etoient des objets réels et inconnus ;il faut aussi apprendre à connoître l'effet que fait la poussière im-perceptible qui s'attache aux verres du microscope : on s’assureradu produit de ces deux causes en observant son microscope à videun grand nombre de fois.
Pour bien observer, il faut que le point de vue ou le foyer dumicroscope ne tombe pas précisément sur la surface de la liqueur,mais un peu au-dessous. On ne doit pas compter autant sur ceque l’on voit se passer à la surface, que sur ce que l'on voit à l’in-térieur de la liqueur; il y a souvent des bulles à la surface quiont des mouvemens irréguliers qui sont produits par le contactde l’air.
On voit beaucoup mieux à la lumière d’une ou de deux bougiesbasses qu’au plus grand et au plus beau jour, pourvu que cette lu-mière ne soit point agitée; et pour éviter celte agitation, il fautmettre une espèce de petit paravent sur la table, qui enferme dotrois côtés les lumières et le microscope.
On voit souvent des' corps qui paroissent noirs et opaques de-venir transparens, et même se peindre de différentes couleurs, ouformer des anneaux concentriques et colorés, ou des iris sur leursurface, et d’autres corps qu’on a d’abord vus transparens ou co-lorés devenir noirs et obscurs : ces changemens ne sont pas réels,et ccs apparences 11e dépendent que de l'obliquité sous laquelle lalumière tombe sur ces corps, et de la hauteur du plan dans lequelils se trouvent.
Lor squ’il y a dans une liqueur des corps qui se meuvent avecune grande vitesse, surtout lorsque ces corps sont à la surface, ilsforment par leur mouvement une espèce de sillon dans la liqueur,qui paroit suivre le corps en mouvement, et qu’on seroit porté àprendre pour une queue : cette apparence m’a trompé quelquefoisdans les commencemens, et j'ai reconnu bien clairement mon er-reur, lorsque ces petits corps veuoient à en rencontrer d’autresqui les arrêtoient ; car alors il 11’y avoit plus aucune apparence dequeues. Ce sont ià les petites remarques que j’ai faites, et que j’aicru devoir communiquer à ceux qui voudront faire usage du mi-croscope sur les liqueurs.
PREMIERE EXPÉRIENCE.
J’ai fait tirer des vésicules séminales d’un homme mort de mortviolente, dont le cadavre étoit récent et encore chaud , toute la