53o HISTOIRE NATURELLE
tits ; la plupart éloient ronds et sphériques , les autres étoieutovales , d’autres étoient longuets. Les plus gros éloient les plustransparens ; les plus petits étoient presque noirs. Cette différencene provenoit pas des accidens de la lumière ; car , dans quelqueplan et dans quelque situation que ces petits globules se trou-vassent , ils étoient toujours noirs : leur mouvement étoil bienplus rapide que celui des gros ; et ce que je remarquai le plusclairement et le plus généralement sur tous, ce fut leur diminu-tion de grosseur , en sorte qu’au huitième jour ils étoient si ])elilsque je ne pouvois presque plus les apercevoir, et enfin ils dispa-rurent absolument à mes yeux sans avoir cessé de se mouvoir.
VINGTIÈME EXPÉRIENCE.
Enfin, ayant obtenu avec assez de peine de la liqueur séminaled’un autre lapin, telle qu’il la fournit à sa femelle, avec laquelleil ne reste pas plus d’une minute en copulation , je remarquaiquelle étoit beaucoup plus fluide que celle qui avoit été tirée desvésicules séminales, et les phénomènes quelle offrit étoient aussifort différens; car il y avoit ( planche , i5 figure 17 ) dans cetteliqueur les globules en mouvement dont j’ai parlé et des filamensSans mouvement, et encore des espèces de globules avec des filetsou des queues, et qui ressembloient assez à ceux de l’homme et duchien: seulement ils me parurent plus petits et beaucoup plusagiles ; ils traversoient en un instant le champ du microscope.Leurs filets ou leurs queues me parurent être beaucoup plus courtesque celles de ces autres animaux spermatiques, et j’avoue que,quelque soin que je me sois donné pour les bien examiner, je nesuis pas sur que quelques-unes de ces queues ne fussent pas dofausses apparences produites par le sillon que ces globules mou-vans formoient dans la liqueur, cpi’ils traversoient avec trop derapidité pour pouvoir les bien observer ; car d’ailleurs cette liqueur, \quoique assez fluide, se desséclioit fort promptement.
VINGT-UNIÈME EXPÉRIENCE.
Je voulus ensuite examiner la liqueur séminale du belier : mahcomme je n’élois pas à portée d'avoir de ces animaux vivans, jem’adressai à un boucher, auquel je recommandai de m’apporter jsur-le-champ les testicules et les autres parties de la génération Ides beliers qu’il tueroit ; il m’en fournil à différens jours, au moinsde douze ou treize différens beliers, sans qu’il me fût possible detrouver dans les épididymes, non plus que dans les vésicules sé-