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Tome quatrième.
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566 HISTOIRE NATURELLE

sembloient végéter, et qui ensuite se gonfloient et laissoient sortirdes milliers de globules en mouvement. Mais il est inutile de gros-sir ce livre du détail de mes observations sur les infusions desplantes, parce queM. Needhain les a suivies avec beaucoup plusde soin que je naurois pu le faire moi-même, et que cet habilenaturaliste doit donner incessamment au public le recueil des dé-couvertes quil a faites sur celte matière. Je lui avois lu le traitéprécédent, et javois très-souvent raisonné avec lui sur cette ma-tière , et en particulier sur la vraisemblance quil y avoil que noustrouverions dans les germes des amandes des fruits, et dans lesautres parties les plus substantielles des végétaux, des corps enmouvement, des parties organiques vivantes, comme dans la se-mence des animaux mâles et femelles. Cet excellent observateurtrouva que ces vues étoient assez fondées et assez grandes pour mé-riter dêtre suivies : il cormnmença à faire des observations surtoutes les parties des végétaux, et je dois avouer que les idées queje lui ai données sur ce sujet ont plus fructifié entre ses mainsquelles nauroient fait entre les miennes. Je pourrais en citer da-vance plusieurs exemples; mais je me bornerai à un seul, parceque jai ci-devant indiqué le fait dont il est question et que je vaisrapporter.

Pour sassurer si les corps mouvans quon voit dans les infu-sions de la chair des animaux étoient de véritables animaux, ousi cetoient seulement, comme je le prétendois, des parties orga-niques mouvantes, M. Needham pensa quil n'y avoit quà exa-miner le résidu de la viande rôtie, parce que le feu devoit détruireles animaux , et quau contraire si ces corps mouvans nétoient pasdes animaux, ou devoit les y retrouver comme on les trouvedans la viande crue. Ayant donc pris de la gelée de veau et dau-tres viandes grillées et rôties, il les examina au microscope aprèsles avoir laissé infuser pendant quelques jours dans de leau quiétoit contenue dans de petites bouteilles bouchées avec grand soin,et il trouva dans toutes des corps mouvans en grande quantité ; ilme fit voir plusieurs fois quelques-unes de ces infusions, etenlreautres celle de gelée de veau, dans laquelle il y avoit des espècesde corps en mouvement, si parfaitement semblables à ceux quonvoit dans les liqueurs séminales de lhomme, du chien et de lachienne, dans le temps quils nont plus de filets ou de queues, queje ne pouvois me lasser de les regarder : on les aurait pris pourde vrai animaux; et quoique nous les vissions sallonger, chan-ger de figure et se décomposer, leur mouvement ressembloil sifort au mouvement dun animal qui nage, que quiconque le*