5-6 HISTOIRE NATURELLE
le premier produit de la réunion des parties organiques en mou-vement.
Quoique Leeuwenlioeck n’ait pas eu l'avantage de se détrom-per de cette façon , il avoit cependant observé d’autres phéno-mènes qui auroient dù l’éclairer : par exemple, il avoit remar-qué que les animaux spermatiques du chien changeoient souventde figure , surtout lorsque la liqueur dans laquelle ils nageoientétoit sur le point de s’évaporer entièrement ; il avoit observé queces prétendus animaux avoient une ouverture à la tète lorsqu’ilsétoient morts, et que cette ouverture n’existoit point pendantleur vie ; il avoit vu que la partie qu’il regardent comme la têtede l’animal étoit pleine et arrondie lorsqu’il étoit vivant, etqu’au contraire elle étoit affaissée et aplatie après la mort. Toutcela devoit le conduire à douter que ces corps mouvans fussentde vrais animaux, et en effet cela convient mieux à une espècede machine qui se vide , comme celle clu calmar, qu’à un ani-mal qui se meut.
J’ai dit que ces corps mouvans, ces parties organiques, ne semeuvent pas comme se mouvroient des animaux, qu’il n’y ajamais aucun intervalle de repos dans leur mouvement. Leeu-wenhoeck l’a observé tout de même, et il le remarque précisé-ment tome I, page 168. Quotiescumque , dit-il, animalcula insemine masculo animalium fuerirn contemplatus , atlamen iliase unquam ad quietem contulisse me nunqaam vidisse mihi di-cendum est , si modo sat Jl-uidce superesset materiœ in qua sesecommode movere poterant : at eadem in conlinuo manent motu ;et tempore quo ipsis moriendum appropinquanle , motus magismagisque déficit , usquedum nullm prorsus motus in illis agnos-cendus sit. Il me paroîl qu’il est difficile de concevoir qu’il puisseexister des animaux qui, dès le moment de leur naissance jus-qu’à celui de leur mort, soient dans un mouvement continuelet très-rapide, sans le plus petit intervalle de repos ; et commentimaginer que ces prétendus animaux du chien , par exemple ,que Leeuwenlioeck a vus, après le septième jour, en mouve-ment aussi rapide qu’ils lëtoient au sortir du corps de l’animal,aient conservé pendant ce temps un mouvement dont la vitesseest si grande, qu’il 11’y a point d’animaux sur la terre qui aientassez de force pour se mouvoir ainsi pendant une heure, surtoutsi Ton fait attention à la résistance qui provient tant de la den-sité que de la ténacité de la liqueur dans laquelle ces prétendusanimaux se meuvent ? Cette espèce de mouvement continu