6Go HISTOIRE NATURELLE
d’une nécessité également absolue, et qu’il y en a quelques-unesdont les autres semblent dépendre pour leur développement etleur disposition. On pourvoit dire qu’il y a des parties fonda-mentales sans lesquelles l'animal ne ]>eut se développer ; d’autresqui sont plus accessoires et plus extérieures, qui paraissent tirerleur origine des premières , et qui semblent être faites autantpour l'ornement, la symétrie et la perfection extérieure de l’a-nimal, que pour la nécessité de son existence et l’exercice desfonctions essentielles à la vie. Ces deux espèces de parties diffé-rentes se développent successivement, et sont déjà toutes presqueégalement apparentes lorsque le foetus sort du sein de la mère :mais il y a encore d’autres parties , comme les dents , que la Na-ture semble mettre en réserve pour ne les faire paraître qu’aubout-dc plusieurs années ; il y en a , comme les corps glandu-leux des testicules des femelles , la barbe des mâles, etc. , qui nese montrent que quand le temps de produire son semblable estarrivé, etc.
Il me paraît que', pour reconnoîfre les parties fondamentales etessentielles du corps de l’animal, il faut faire attention au nombre,à la situation et à la nature de toutes les parties : celles qui sontsimples , celles dont la position est invariable , celles dont la na-ture est telle que l'animal ne peut pas exister sans elles, serontcertainement les parties essentielles; celles, au contraire, quisont doubles ou en plus grand nombre , celles dont la grandeuret la position varient, et enfin celles qu’on peut retrancher del’animal sans le blesser , ou même sans le faire périr , peuventêtre regardées comme moins nécessaires et plus accessoires à lamachine animale. Aristote a dit que les seules parties qui fussentessentielles à tout animal étaient celle avec laquelle il prend lanourriture, celle dans laquelle il la digère , et celle par laquelleil en rend le superflu: la bouche et le conduit intestinal, depuisla bouche jusqu’à l’anus, sont en effet des parties simples, etqu’aucune autre ne peut suppléer. La tète et l’épine du dos sontaussi des parties simples, dont la position est invariable. L’épinedu dos sert de fondement à la charpente du corps, et c’est de lamoelle allongée qu’elle contient que dépendent les mouvemenset l’action de la plupart des membres et des organes : c'est aussicelte partie qui paroit une des premières dans l'embryon , onpourrait même dire qu’elle paroit la première ; car la premièrechose qu’on voit dans la cicatricnle de l’œuf est une masse allon-gée dont l’extrémité, qui forme la tête, ne diffère du total de laniasse que par une espèce de forme contournée et un peu plus