DES ANIMAUX. 683
Il naît beaucoup d’enfans avant le deux cent soixantième jour ;et quoique ces accouchemens précèdent le terme ordinaire, ce nesont pas de fausses couches, parce que ces enfans vivent pour laplupart. On dit'ordinairement qu’ils sont nés à sept mois, ou àhuit mois : mais il ne faut pas croire qu’ils naissent en effet pré-cisément à sept mois ou à huit mois accomplis; c’est indifférem-ment dans le courant du sixième , du septième, du huitième , etmême dans le commencement du neuvième mois. Hippocrate ditclairement que les enfans de sept mois naissent dès le cent quatre-vingt-deuxième jour ; ce qui fait précisément la moitié de l’annéesolaire.
On croit communément que les enfans qui naissent à huit moisne peuvent pas vivre, ou du moins qu’il en périt beaucoup plusde ceux-là que de ceux qui naissent à sept mois. Pour peu quel’on réfléchisse sur celte opinion, elle paroît n’ètre qu’un para-doxe, et je ne sais si, en consultant l’expérience, on ne trouverapas que c’est une erreur : l’enfant qui vient à huit mois est plusformé, et par conséquent plus vigoureux, plus fait pour vivreque celui qui n’a que sept mois ; cependant cette opinion,que les enfans de huit mois périssent plutôt que ceux de sept,est assez communément reçue, et elle est fondée sur l’autoritéd’Aristote , qui dit : Cœteris cinimantibus ferendi uteri unum esttempus , homini vero plu?a sunt ; quippe et septimo merise et dé-cima nascitur, atque etiam inter septimnm et decimum positis ;qui enim mense oetavo nascunlur , et si minus, tamen viverepos-sunt. (V. De générât, anim. lib. IV, c. ult. ) Le commencementdu septième mois est donc le premier terme de l’accouchement :si le foetus est rejeté plus tôt, il meurt, pour ainsi dire, sans êtrené; c’est un fruit avorté qui ne prend point de nourriture , et,pour l’ordinaire, il périt subitement dans la fausse couche. Il y a,comme l’on voit, de grandes limites pour les termes de l'accou-chement, puisqu’elles s’étendent depuis le septième jusqu’auxneuvième et dixième mois, et peut-être jusqu’au onzième. Il naîtà la vérité beaucoup moins d’enfans au dixième mois qu’il n’ennaît dans le huitième, quoiqu’il en naisse beaucoup au septième;mais, en général, les limites du temps de l’accouchement sontau moins de trois mois, c’est-à-dire, depuis le septième jusqu’audixième.
Les femmes qui ont fait plusieurs enfans assurent presquetoutes que les femelles naissent plus tard que les mâles : si celaest, on ne devroit pas être surpris de voir naître des enfans à dixmois, surtout des femelles. Lorsque les enfans viennent avant