6 9 G histoire naturelle
finiléde petits corps pointus qu’il a pris pour des sels, et qui nesont que ces mêmes parties organiques dans une très-grande ac-tivité. Le pus qui sort des plaies en fourmille, et il peut arrivertrès-naturellement que le pus prenne un tel degré de corruption ,qu’il devienne un poison des plus subtils; car toutes les fois quecette matière active sera exaltée à un certain point, ce qu’onpourra toujours reconnoîtreàlarapidité et à la petitesse des corpsmonvansqu’elle contient, elle deviendra une espèce de poison. Ildoit en être de même des poisons des végétaux. La même matièrequi sert à nous nourrir lorsqu'elle est dans son état naturel, doitnous détruire lorsqu’elle est corrompue : on le voit par la com-paraison du bon blé et du blé ergoté qui fait tomber en gangrèneles membres des animauxet des hommes qui veulent s’en nourrir;on le voit par la comparaison de cette matière qui s'attache à nosdents, qui n’est qu’un résidu de nourriture qui n'est pas cor-rompue, et de celle de la dent de la vipère, ou du chien enragé,qui n’est que cette même matière trop exaltée et corrompue audernier degré.
Lorsque cette matière organique et productive se trouve ras-?semblée en grande quantité dans quelques parties de l'animal, oùelle est obligée de séjourner, elle y forme des êtres vivans quenous avons toujours regardés comme des animaux : le lænia , lesascarides, tous les vers qu'on trouve dans les veines , dans lefoie, etc., tous ceux qu’on tire des plaies, la plupart de ceux quise forment dans les chairs corrompues, dans le pus, n’ontpas d’autre origine; les anguilles de la colle de farine, celles duvinaigre, tons les prétendus animaux microscopiques, ne sont,que des formes différentes que prend d’elle-mème, et suivant. 1rscirconstances, cette matière toujours active et qui ne tend qu’àl’organisation.
Dans toutes les substances animales ou végétales décomposéespar l’infusion, cette matière productive se manifeste d'abord sousla forme d’une végétation; on la voit former des filamens quicroissent et s’étendent comme une plante qui végète; ensuite lesextrémités et les nœuds de ces végétations se gonflent, se bour-souflent et crèvent bientôt pour donner passage à une multitudede corps en mouvement qui paroissent être des animaux, en sortequ’il semble qu’en tout la Nature commence par un mouvementde végétation : on le voit par ces productions microscopiques; onle voit aussi par le développement de l’animal, car le foetus dansles premiers temps ne fait que végéter.
Les matières saines et qui sont propres à nous nourrir ne four-