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Tome cinquième.
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S HISTOIRE NATURELLE

les premiers castors ; l'abeille perfectionneroit encore tous lesjours la cellule quelle habite : car si on suppose que cette celluleest aussi parfaite quelle peut lêtre , on donne à cet insecte plusdesprit que nous nen avons; on lui accorde une intelligencesupérieure à la nôtre, par laquelle il apercevrait tout d'un couple dernier point de perfection auquel il doit porter son ouvrage ,tandis que nous-mêmes ne voyons jamais clairement ce point,et quil nous faut beaucoup de réflexion, de temps et dhabitudepour perfectionner le moindre de nos arts.

D' peut venir cette uniformité dans tous les ouvrages desanimaux ? pourquoi chaque espèce 11e fait-elle jamais que lamême chose , de la même façon ? et pourquoi chaque individune la fait-il ni mieux ni plus mal quun autre individu? Y a-t-ilde plus forte preuve que leurs opérations ne sont que des résul-tats mécaniques et purement matériels? car sils a voient la moindreétincelle de la lumière qui nous éclaire , on trouverait au moinsde la variété, si lon 11e voyoit pas de la perfection dans leursouvrages : chaque individu de la même espèce ferait quelquechose dun peu différent de ce quaurait fait un autre individu.Mais non , tous travaillent sur le même modèle ; lordre de leursactions est tracé dans lespèce entière, il nappartient point à lin-dividu ; et si lon vouloit attribuer une âme aux animaux, onseroiL obligé à nen faire quune pour chaque espèce , à laquellechaque individu participerait également. Cette âme serait doncnécessairement divisible ; par conséquent elle serait matérielle etfort différente de la nôtre.

Car pourquoi mettons-nous au contraire tant de diversité etde variété dans nos productions et dans nos ouvrages ? pourquoilimitation servile nous coûte-t-elle plus quun nouveau dessin ?c'est parce que notre aine est à nous , quelle est indépendante decelle dun autre , que nous navons rien de commun avec notreespèce que la matière de notre corps, et que ce nest en effet queparles dernières de nos facultés que nous ressemblons aux animaux.

Si les sensations intérieures appartenoieiit à la matière et-pendoient des organes corporels, ne verrions-nous pas parmiles animaux de même espèce, comme parmi les hommes, desdifférences marquées dans leurs ouvrages ? ceux qui seraient lemieux organisés ne feroient-ils pas leurs nids , leurs cellulesou leurs coques, dune manière plus solide, plus élégante, pluscommode ? et si quelquun avoit plus de génie quun autre ,pourrait-il ne le pas manifester de celte façon? Or tout cela u ar-rive pas et nesl jamais arrivé ; le plus ou le moins de peifeclion