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Tome cinquième.
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5« HISTOIRE NATURELLE

douverture sensible après la conception, et que cette différenceest si marquée, quune sage-femme habile peut la reconnoîlre;cela supposé, on pourroit donc constater létat de la grossessedans les premiers jpurs. Ceux qui sont opposés à ce sentimentdisent que, si lorifice delà matrice éloit fermé après la conception,il seroit impossible quil y eût de la superfétation. On peut ré-pondre à cette objection, quil est très-possible que la liqueurséminale pénètre à travers les membranes de la matrice, quemême la matrice peut souvrir pour la superfétation dans de cer-taines circonstances, et que dailleurs les siqierféla lions arriventsi rarement, quelles ne peuvent faire quune légère exception àla règle générale. Dautres auteurs ont avancé que le changementqui arriverait à lorifice de la matrice ne pourrait être marquéque dans les femmes qui auraient déjà mis des enfans au monde,et non pas dans celles qui auraient conçu pour la première fois:il est à croire que dans celles-ci la différence sera moins sensible;mais, quelque grande quelle puisse être, en doit-on conclure quece signe est réel, constant et certain? ne faut-il pas du moinsavouer quil nest pas assez évident? L'étude de l'anatomie etlexpérience ne donnent sur ce sujet que des connoissances géné-rales qui sont fautives clans un examen particulier de cette nature.Il en est de même du saisissement ou du froid convulsif que cer-taines femmes ont dit avoir ressenti au moment de la conception :corn me la plupart des femmes n'éprouvent pas le même symptôme,que dautres assurent au contraire avoir ressenti une ardeur brû-lante causée par la chaleur de la liqueur séminale du mâle, et quele plus grand nombre avouent navoir rien senti de tout cela, ondoit en conclure que ces signes sont très-équivoques, et que lors-quils arrivent, cest peut-être moins un effet de la conception quedautres causes qui paraissent plus probables.

Jajouterai un fait cpii prouve que lorifice de la matrice ne seferme pas immédiatement après la conception, ou bien que, silse ferme, la liqueur séminale du mâle entre dans la matrice enpénétrant à travers le tissu de ce viscère. Une femme de Charles-towu dans la Caroline méridionale accoucha en I7i4de deuxjumeaux qui vinrent au inonde tout de suite lun après lautre ;il se trouva que lun étoit un enfant nègre et lautre un enfantblanc, ce qui surprit beaucoup les assislans. Ce témoignage évi-dent de linfidélité de cette femme à légard de son mari la forçadavouer quun nègre qui la servoit étoit entré dans sa chambreun jour que son mari venoit de la quitter et de la laisser dansson lit; et elle ajouta, pour sexcuser, que ce nègre lavoil nie-