G6 HISTOIRE NATURELLE
Les femmes parviennent ordinairement beaucoup plus lot à cepoint de perfection ; elles arrivent d’abord plus tôt à l’àge de pu-berté : leur accroissement , qui , dans le total, est moindre quecelui des hommes , se fait aussi en moins de temps ; les muscles ,les chairs et toutes les autres parties qui composent leur corps ,étant moins fortes, moins compactes, moins solides que celles ducorps de l'homme , il faut moins de temps pour quelles arriventà leur développement entier, qui est le point de perfection pourla forme : aussi le corps de la femme est ordinairement à vingtans aussi parfaitement formé que celui de l’homme l’est à trente-
Le corps d’un homme bien fait doit être carré, les musclesdoivent être durement exprimés , le contour des membres forte-ment dessiné , les traits du visage bien marqués. Dans la femmetout est plus arrondi; les formes sont plus adoucies, les traitsplus fins. L’homme a la force et la majesté; les grâces et la beautésont l’apanage de l’autre sexe.
Tout annonce dans tous deux les maîtres de la terre : toutmarque dans l'homme, même à l’extérieur, sa supériorité sen-tons les êtres vivans; il se soutient droit et élevé; son altitude estcelle du commandement; sa tète regarde le ciel, et présente uneface auguste sur laquelle est imprimé le caractère de sa dignité ;l’image de lame y est peinte par la physionomie ; l’excellence desa nature perce à travers les organes matériels, et anime d’un feudivin les traits de son visage ; son port majestueux, sa démarcheferme et hardie, annoncent sa noblesse et son rang ; il ne toucheà la terre que par ses extrémités les plus éloignées ; il ne la voitque de loin, et semble la dédaigner. Les bras ne lui sont pas don-nés pour servir de piliers d’appui à la masse de son corps ; samain ne doit pas fouler la terre, et perdre par des froltemensréitérés la finesse du toucher dont elle est le principal organe :le bras et la main sont faits pour servir à des usages plus nobles,pour exécuter les ordres de la volonté, pour saisir les choses éloi-gnées , pour écarter les obstacles, pour prévenir les rencontreset le choc de ce qui pourrait nuire, pour embrasser et retenir cequi peut plaire , pour le mettre à portée des autres sens.
Lorsque lame est tranquille, toutes les parties du visage sontdans un état de repos ; leur proportion , leur union , leur en-semble , marquent encore assez la douce .harmonie des pensées ,et répondent au calme de l’intérieur : mais lorsque Lime est agi-tée , la face humaine devient un tableau vivant, où les passionssont rendues avec autant de délicatesse que d’énergie, où chaquemouvement de lame est exprimé par un trait, chaque action