LE L’HOMME. 77
n’ont ordinairement aucun mouvement volontaire ou involon-taire, quoiqu’il y ait des muscles qui y aboutissent. Les plus pe-tites oreilles sont, à ce qu’on prétend, les pi us jolies; mais lesplus grandes, et qui sont en même temps bien bordées, sontcelles qui entendent le mieux. Il y a des peuples qui en agran-dissent prodigieusement le lobe, en le perçant et en y mettantdes morceaux de bois ou de métal, qu’ils remplacent successive-ment par d'autres morceaux plus gros; ce qui fait, avec le temps,un trou énorme dans le lobe de l'oreille, qui croit toujours à pro-portion que le trou s’élargit. J’ai vu de ces morceaux de bois quiavoient plus d'un pouce et demi de diamètre, qui venoienl desIndiens de l’Amérique méridionale; ils ressemblent à des damesde trictrac. On ne sait sur quoi peut être fondée celte coutumesingulière de s’agrandir si prodigieusement les oreilles : il est vraiqu’on ne sait guère mieux d’on peut venir l’usage presque généraldans toutes les nations de percer les oreilles et quelquefois les na-rines, pour porter des boucles, des anneaux, etc. , à moins qued’en attribuer l’origine aux peuples encore sauvages et nus,qui ont cherché à porter de la manière la moins incommode leschoses qui leur ont paru les plus précieuses, en les attachant àcette partie.
La bizarrerie et la variété des usages paraissent encore plusdans la manière différente dont les hommes ont arrangé les che-veux et la barbe : les uns, comme les Turcs, coupent leurs che-veux et laissent croître leur barbe ; d’autres, comme la plupartdes Européens, portent leurs cheveux ou des cheveux emprun-tés, et rasent leur barba; les sauvages se l'arrachent et conserventsoigneusement leurs cheveux ; les nègres se rasent la tête par fi-gures, tantôt en étoiles, tantôt à la façon des religieux, et pluscommunément encore par bandes alternatives, en laissant autantde plein que de rasé , et ils font la même chose à leurs petitsgarçons ; les Talapoins de Siam font raser la tète et les sourcils auxenfans dont on leur confie l’éducation. Chaque peuple a sur celades usages difl’érens : les uns font plus de cas de la barbe de lalèvre supérieure que de celle du menton ; d’autres préfèrent celledes joues et celle du dessous du visage; les uns la frisent, lesautres la portent lisse. Il n’y a pas bien long-temps que nous por-tions les cheveux du derrière de la tête épars et llottans; aujour-d’hui nous les portons dans un sac. Nos habillemens sont difl’érensde ceux de nos pères; la variété dans la manière de se vêtir estaussi grande que la diversité des nations; et ce qu’il y a desingulier, c’est que, de toutes les espèces de vètemens, nous avons