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Tome cinquième.
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DE LHOMME. l6l

intermédiaires ; et si, en approchant plus près de huit ou en éloi-gnant au-delà de vingt pouces, elle ne peut lire avec facilité cemême caractère, dans ce cas les limites delà vue distincte de cettepersonne seront huit et vingt pouces, et lintervalle de douzepouces sera létendue de la vue distincte. Quand on passe ces li-mites, soit au-dessus, soit au-dessous, il se forme une pénombrequi rend les caractères confus et quelquefois vacillans. Mais, avecdes yeux de force inégale, ces limites de la vue distincte sont fortresserrées : car supposons que lun des yeux soit de moitié plusfoible que lautre, cest-à-dire que, quand avec un œil on voitdistinctement depuis huit jusqu a vingt pouces, on ne puisse voiravec lautre que depuis quatre pouces jusquà dix ; alors la visionopérée par les deux yeux sera distincte et confuse depuis dix jus-quà vingt, et depuis huit jusquà quatre, en sorte quil ne res-tera quun intervalle de deux pouces , savoir, depuis huit jusquàdix, la vision pourra se faire distinctement, parce que, danstous les autres intervalles, la netteté de l'image de lobjet vu parle bon œil est ternie par la confusion de limage du même objetvu par le mauvais œil : or, cet intervalle de deux pouces de vuedistincte en se servant des deux yeux nest que la sixième partiede lintervalle de douze pouces , qui est lintervalle de la vue dis-tincte en ne se servant que du bon œil ; donc il y a un avantagede cinq contre un à se servir du bon œil seul, et par conséquentà écarter lautre.

On doit considérer les objets qui frappent nos yeux, commeplacés indifféremment et au hasard, à toutes les distances diffé-rentes auxquelles nous pouvons les apercevoir : dans ces distancesdifférentes, il faut distinguer celles ces mêmes objets se peignentdistinctement à nos yeux, et celles nous ne les voyons que con-fusément. Toutes les fois que nous napercevons que confusémentles objets, les yeux font effort pour les voir dune manière plusdistincte; et quand les distances ne sont pas de beaucoup trop pe-tites ou trop grandes, cet effort ne se fait pas vainement. Mais, enne faisant attention ici quaux distances auxquelles on aperçoitdistinctement les objets, on sent aisément que plus il y a de ce*points de distance, plus aussi la puissance des yeux, par rapportaux objets , est étendue, et quau contraire plus ces intervalles devue distincte sont petits, et plus la puissance de voir nettementest bornée : et lorsquil y aura quelque cause qui rendra ces in-tervalles plus petits, les yeux feront effort pour les étendre; caril est naturel de penser que les yeux, comme toutes les autresparties dun corps organisé, emploient tous les ressorts de leur

Jiujfon. 5 , 11