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Tome cinquième.
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190 HISTOIRE NATERELLE

lement très-sensibles, et cet ébranlement est fort différent de fac-tion du son sur loreille; une violente explosion, un grand coupde tonnerre, ébranle les maisons, nous frappe et communiqueune espèce de tremblement à tous les corps v oisins : le son agitdonc aussi comme corps solide sur les autres corps ; car ce nestpas lagitation de lair qui cause cet ébranlement, puisque dans letemps quil se fait on ne remarque pas quil soit accompagné devent, et que dailleurs, quelque violent que fût le vent, il ne pro-duirait pas daussi fortes secousses. Cest par cette action des partiessonores quune corde en vibration en fait remuer une autre, etcest par ce toucher du son que nous sentons nous-mêmes, lors-que le bruit est violent, une espece de trémoussement fort dillë-rent de la sensation du son par loreille, quoiquil dépende de lamême cause.

Toute la différence qui se trouve dans nos sensations ne vientdonc que du nombre plus on moins grand et de la position plusou moins extérieure des nerfs : ce qui fait que les uns de ces senspeuvent être affectés par de petites particules de matière qui éma-nent des corps, comme lœil, loreille et lodorat; les autres, pardes parties plus grosses, qui se détachent des corps au moyen ducontact, comme le goût; et les autres, par les corps ou même parles émanations des corps, lorsqu'elles sont assez réunies et assezabondantes pour former une espèce de niasse solide , comme letoucher, qui nous donne des sensations de la solidité, de la flui-dité et de la chaleur des corps

En fluide diffère dun solide, parce quil n'a aucune partie as-sez grosse pour que nous puissions la saisir et la toucher par dif-férons côtés à la fois: cest ce qui fait aussi que les fluides sont li-quides : les particules qui les composent ne peuvent être tou-chées par les particules voisines que dans un point ou un si pe-tit nombre de points, quaucune partie 11e peut avoir dadhé-rence avec une autre partie. Les corps solides réduits en poudre,même impalpable, ne perdent pas absolument leur solidité,parce que les parties, se touchant par plusieurs côtés, conserventde ladhérence entre elles; et cest ce qui fait quon en peut fairedes masses et les serrer pour en jxdper une grande quantité à lafois.

Le sens du toucher est répandu dans le corps entier; mais ilsexerce différemment dans les différentes parties. Le sentimentqui résulte du toucher ne peut être excité que par le contact et,lapplication immédiate de la superficie de quelque corps étran-ger sur celle de notre propre corps. Quon applique contre la